Eric Alauzet signataire du RIP pour les animaux : explications

Le « Référendum pour les animaux » est un exemple significatif de l’ampleur que prend la question du bien-être et de la condition animale. Il fait toutefois l’objet de caricatures et d’outrances, et fait naître tous les fantasmes.



Les chasses traditionnelles 

Le député Eric Alauzet n'est pas pour une interdiction de la chasse. Cela paraît peu opportun. Au contraire, il faut concilier les usages, former et informer les usagers afin qu'ils cohabitent. Il ne faut pas sous-estimer le rôle de régulation de la chasse alors que le gros gibier est à l'origine de dégradations des milieux naturels et des cultures. Mais il est incontestable que la pratique de la chasse peut s'avérer dangereuse, de par son principe même. Aussi, la pratique de la chasse doit toujours progresser dans le sens de la sécurité et être exemplaire pour éviter à tout prix les accidents qui apparaissent alors comme des drames que rien ne peut justifier.  Il ne s'agit pas de favoriser l'un pour mécontenter l'autre mais plutôt de trouver un compromis, d'assurer le respect mutuel et de maintenir le dialogue entre les uns et les autres. 


Sur le sujet spécifique des chasses traditionnelles, elles sont aujourd'hui très critiquables et critiquées. Elles sont autorisées sur la base de réglementations européennes mais font l’objet de recours pour interdiction. Eric Alauzet de son côté, a tenu à soutenir publiquement la Ligue pour la Protection des Oiseaux qui avait porté une demande d'interdiction de la chasse à la glu. Cette technique dite traditionnelle, inflige des souffrances inutiles aux oiseaux. Il est ainsi parfaitement conscient que la pratique de la chasse fait débat, et reste donc particulièrement vigilant sur cette question. Le RIP n’est pas opposé à la chasse, il est opposé aux chasses dites «traditionnelles» qui génèrent chez l’animal de façon scientifiquement avérée, stress et douleurs inutiles. La chasse à la glue a ainsi été interdite en France en 2020. Quant à la chasse à courre, c’est une discipline confidentielle en France, déjà interdite en Allemagne, en Belgique et au Royaume-Uni depuis 2005. 

Aussi, le député tiens à bien souligner la différence entre des chasses archaïques, qualifiées de « traditionnelles » et la chasse pratiquée qui contribue à une mission de service publique et à la régulation des espèces. 


La question du bien-être animal et de la condition animale de manière plus générale, est une exigence sociétale, environnementale et même éthique. Eric Alauzet s'est engagé sur ce sujet durant ses deux mandats. Il avait par exemple signé une tribune avec 84 députés, appelant l'ensemble du Gouvernement à se mobiliser sur ce sujet crucial.



Les conditions d'élevage 


Concernant la problématique de l'élevage d'animaux pour leur fourrure, le député s'est également engagé très tôt en cosignant notamment la loi visant à abolir l’élevage de visons pour leur fourrure et à en interdire le commerce. En effet, les visons sont des animaux sauvages, semi aquatiques, ayant besoin d’évoluer près d'un cours d’eau. Ainsi, leurs besoins physiologiques les plus élémentaires ne sont pas respectés dans les élevages français, tous intensifs. Confinés à plusieurs dans de petites cages grillagées, les cas de souffrances sont avérés, confirmés par des études scientifiques, constatés et documentés à l'aide d’images tournées en caméra discrète par des ONG. Par ailleurs, la fourrure est déjà délaissée par de nombreuses et prestigieuses marques de luxe et de prêt-à-porter et l’élevage de visons est interdit dans de nombreux pays européens. Suspecté de transmettre le Covid aux humains, les Pays-Bas procèdent en ce moment même à l’abattage systématique de tous les visons présents dans ses nombreux élevages puis à leur fermeture. Il n’y a que 4 élevages de visons en France.

Par ailleurs, concernant la proposition du RIP pour les animaux d'interdire l’élevage des poules en cage d’ici à 2025, il faut savoir que les plus grands groupes de distribution ont déjà décidé de ne plus commercialiser d’œufs issus de l’élevage en cage et des groupes leaders sur le marché de l’œuf se sont engagés à y mettre fin d’ici 2025. En 2010, les productions hors cage représentait 18% des effectifs de poules pondeuses, 33% en 2016 et 53% en 2020. La tendance est claire et la proposition du RIP va dans le sens de l’histoire.

Ces mesures devront évidemment être accompagnées socialement et économiquement.



L'expérimentation animale 

Eric Alauzet avait alerté le Ministre de l’agriculture et de l'alimentation sur les enjeux relatifs à l'expérimentation animale. Cette problématique constitue une préoccupation de plus en plus importante dans la société actuelle. Certaines pratiques relayées par les médias, dernièrement la pratique de la pose de hublots sur la panse des vaches, ont particulièrement choqué. La recherche médicale est particulièrement consommatrice d'animaux. En 2016, ce sont plus de 1,9 million de bêtes qui ont été utilisés, particulièrement des souris, poissons et lapins, espèces les plus testées. Pourtant, il existe des méthodes alternatives : les cultures de cellules in vitro, les recherches sur des modèles informatiques pointus, etc. 



Les spectacles d'animaux sauvages 

Enfin, le député s'est déjà exprimé à plusieurs reprises sur ces questions : il est pour  l'interdiction sans conditions de tout acte induisant la souffrance ou le mal-être d’animaux au prétexte d’activités de loisirs, culturelles, traditionnelles (combats de coqs, corrida …) ou d’œuvres artistiques et pour l’interdiction de la détention et de l’utilisation d’animaux à fins de distraction, pour l’ensemble des activités qui privent les animaux sauvages ou domestiques de liberté et de dignité et génère de la souffrance.


Aussi, pour toutes ces raisons, il a souhaité rejoindre le mouvement initié par le journaliste Hugo Clément et signer ce référendum pour les animaux.


Les objectifs du RIP pour les animaux sont à la fois mesurés et proportionnés. Il ne s'agit d'ailleurs pas de mettre en oeuvre ces mesures telles quelles demain. Le Référendum d’Initiative Partagée (RIP) est un outil démocratique dont l’utilisation est très strictement encadrée par notre Constitution. Contrairement à ce que beaucoup de Français peuvent penser, avant d’être un référendum, le RIP est une proposition de loi qui doit être, comme toute proposition de loi, examinée par nos assemblées si 20% des parlementaires puis 10% du corps électoral le souhaitent. Cet examen donnera lieu, comme tout examen de loi, à des amendements, voire à un rejet. L’organisation d’un référendum n’a donc rien de systématique.