Semaine des ecolodéputes : Commission d’enquête sur les coûts du nucléaire : quelles suites ?

Retrouvez chaque semaine l’actualité des députés écologistes à l’Assemblée nationale : Projets et propositions de loi, questions au gouvernement, initiatives, communiqués de presse.

Et une des interventions en fonction de l’actualité est sélectionnée sur le site du député du Doubs.

 

La semaine des écolo-députés du 9 u 13 juin 2014

 

Transition énergétique, politique fiscale, réforme pénale, Internet et terrorisme, formation aux premiers secours, réduction du temps de travail, accessibilité aux personnes handicapées, ondes électromagéntiques, agriculture : cette semaine encore, l’écologie sur tous les fronts à l’Assemblée…

Lien : http://www.ecolodepute-e-s.fr/ecolodepstory/

 

Rapport de la commission d’enquête sur les coûts de l’énergie nucléaire

L’évènement de la semaine c’était la remise du rapport de la commission d’enquête sur les coûts de l’énergie nucléaire, initiée par les écologistes et dont Denis Baupin était le rapporteur. Un travail salué par le président de l’Assemblée nationale, qui sera une source d’inspiration et d’information utile lors de l’examen de la prochaine loi sur la transition énergétique.

Rapport : http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rap-enq/r2007-tI.pdf

Travaux de la commission : http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/couts_de_la_filiere_nucleaire.asp#couts_filiere_nucleaire

Interview de D.Baupin : http://www.reporterre.net/spip.php?article6016

« Les écologistes ne voteront pas une loi qui n’inscrirait pas la réduction du nucléaire à 50 % en 2025 »

 

Lors de la séance des questions au gouvernement, Denis Baupin interpelle Ségolène Royal sur les suites données au travail de la commission d’enquête et sur les conclusions qui en seront tirées dans l’élaboration de la loi. 

M. Denis Baupin, Madame la ministre de l’écologie, à l’issue des travaux de la commission d’enquête créée sur proposition de notre groupe, le président Brottes et moi-même avons remis ce matin au président de    notre assemblée un rapport sur les coûts du nucléaire. Notre constat, comme celui de la Cour des comptes, est clair. Cette énergie, présentée jusqu’alors comme une énergie bon marché, coûte de    plus en plus cher. Son coût de production a augmenté de 21 % en trois ans et continuera de croître, et ce sans même prendre en compte l’EPR. L’actuel parc nucléaire doit faire face à un mur    d’investissement de 110 milliards d’euros d’ici 2033. Le président d’Areva lui-même, M. Oursel, reconnaît l’érosion de la rentabilité de la filière nucléaire. En outre, les réacteurs    approchent de leur quarantième anniversaire, soit la durée de vie pour laquelle ils ont été construits. Leur prolongation souvent évoquée se heurte à des impératifs de sûreté et la rentabilité    des investissements qu’il faudrait faire n’est pas garantie.

Toutes ces augmentations risquent de peser fortement sur les consommateurs et sur l’économie. La commission d’enquête insiste donc pour que l’État prenne ses responsabilités dans la définition de    l’avenir énergétique du pays. Réduire le nucléaire au profit de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables est devenu pertinent à la fois écologiquement et économiquement. Cela peut    constituer en effet une chance pour l’emploi, pour le pouvoir d’achat des ménages et pour nos champions industriels de l’énergie, qui ont déjà entamé leur diversification. Pouvez-vous donc,    madame la ministre, nous confirmer que la prochaine loi sur l’énergie donnera les moyens à l’État de piloter la transition énergétique, d’une part par une programmation pluriannuelle de    croissance des énergies renouvelables et de

     

Mme Ségolène Royal, ministre    de l’écologie, du développement durable et de l’énergie. Vous avez en effet, monsieur le député, pris l’initiative d’une commission d’enquête sur le coût du nucléaire présidée par François    Brottes. Soyez-en, ainsi que les députés de tous les groupes de cette assemblée qui y ont participé, chaleureusement félicités et remerciés. Il s’agit en effet d’un travail très intéressant, qui    vient compléter le rapport de la Cour des comptes et précède les débats que nous aurons sur la transition énergétique. Comparer les coûts des différentes énergies afin d’éclairer les choix du    Gouvernement et du Parlement est très important, car au bout du compte ce sont tous les Français qui les paient par le biais de leur facture.

Le nouveau modèle français de l’énergie constitue une chance à saisir, d’abord pour créer des emplois pour nos artisans et nos entreprises du secteur du bâtiment, ensuite pour faire baisser les    factures d’électricité et de chauffage grâce aux travaux d’économie d’énergie dans les logements et grâce à des choix d’investissement public judicieux et éclairés.

Il s’agira également de diversifier nos sources d’énergie et de répondre aux exigences de lutte contre les perturbations climatiques en réduisant la part des énergies fossiles. La production    électrique française est actuellement dominée par l’électricité d’origine nucléaire produite par une industrie reconnue mondialement, forte de 200 000 salariés et des savoir-faire    exceptionnels de nos ingénieurs, techniciens et ouvriers. C’est pourquoi je ne souhaite pas voir les énergies opposées entre elles.

L’enjeu est en effet la réussite de la diversification du « mix » énergétique et la préparation de l’avenir par l’accélération du développement des entreprises industrielles, en    particulier en matière d’énergies renouvelables électriques, de stockage de l’électricité, de transports électriques, de technologies d’aujourd’hui et de demain, de photovoltaïque, d’hydrolien et    de batteries. C’est ce que nous ferons !