Rentrée 2014 : des nouveaux rythmes partout et des moyens supplémentaires

Photos : Eric Alauzet a accompagné le Maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret dans ses visites des écoles Fontaine-Argent et Pierre et Marie Curie puis le Président du Conseil général, Claude Jeannerot, au Collège Entre Deux Velles à Saône en présence du Recteur d’Académie et du Directeur départemental des services de l’Education nationale

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Au niveau national, la rentrée 2014 est celle des nouveaux rythmes mais aussi celle de l’arrivée de 22 000 professeurs stagiaires. Najat Vallaud-Belkacem, nouvelle ministre de l’Education nationale,  a tenu à rassurer les parents : « cette rentrée a été préparée de longue date et se passera bien ».

Cette rentrée 2014 est celle de la poursuite de la refondation de l’Ecole de la République engagée depuis la rentrée 2012.

Effectifs renforcés pour un meilleur apprentissage

« Les classes ont été déchargées pour faire en sorte que l’apprentissage se fasse dans de meilleures conditions », a expliqué Najat Vallaud-Belkacem lors de sa conférence de presse de rentrée. En moyenne, les classes du 1er degré comptent 25 élèves, et les classes du 2nd degré 24 élèves. Malgré l’évolution démographique (+ 37 800 élèves en 3 ans), la priorité apportée à l’Education nationale par le Gouvernement, qui se traduit par la formation puis le recrutement massif de professeurs, permet d’améliorer les conditions d’apprentissage des élèves.

En ce 1er septembre, ce sont 22 000 professeurs stagiaires, formés en alternance dans les ESPE depuis septembre 2013, qui effectuent leur rentrée dans les classes, tandis que 20 000 nouveaux futurs professeurs intègrent une ESPE. L’alternance est au cœur de la formation aux métiers de l’enseignement et de l’éducation : en seconde année de master, les lauréats des nouveaux concours sont à mi-temps en stage dans une école ou un établissement scolaire et à mi-temps à l’ESPE. L’articulation entre la pratique et la théorie est garantie par l’accompagnement de chaque stagiaire par un tuteur de terrain et un enseignant référent à l’ESPE.

Les 60 000 nouveaux postes d’enseignants prévus sur le quinquennat seront donc bel et bien créés. « Les arbitrages ont été actés par le Premier ministre pour la période 2015-2017. La priorité à l’éducation ne sera pas remise en cause », a indiqué la ministre.

Pour accompagner dans leur quotidien les élèves en situation de handicap, l’emploi de 2 400 assistants d’éducation auxiliaires de vie scolaire est pérennisé par la conclusion d’un CDI. Pour la scolarisation des jeunes autistes, 30 unités d’enseignement sont créées dès cette rentrée au sein d’écoles maternelles.

 

Programmes, éducation prioritaire, décrochage : l’agenda de l’automne

« Cette rentrée est aussi celle de l’éducation prioritaire », s’est félicitée la ministre. La nouvelle politique d’éducation prioritaire se met en effet en place dans 102 réseaux Rep+ préfigurateurs dès cette rentrée. Elle sera étendue à 1 081 réseaux d’éducation prioritaire, dont 350 réseaux Rep+, en 2015. Cette réforme de l’éducation prioritaire vise à réduire à moins de 10% les écarts de performance entre les élèves scolarisés en éducation prioritaire et ceux qui ne le sont pas. L’accent est mis sur la scolarisation des moins de 3 ans dans ces réseaux, et sur le dispositif « plus de maîtres que de classes ».

Concernant la refonte des programmes scolaires, Najat Vallaud-Belkacem a indiqué que la consultation des enseignants sur le nouveau socle commun de connaissances, de compétences et de culture débutera le 21 septembre.

Un nouveau plan d’action de lutte contre le décrochage scolaire sera aussi, comme prévu, annoncé à l’automne.

Enfin, le plan d’action pour l’égalité entre les filles et les garçons à l’école est aussi mis en oeuvre dans les prochains jours. Il comprend deux grands volets : celui de la formation initiale et continue des personnels enseignants, d’encadrement et ­d’inspection ; et celui de la mise à disposition de ressources pédagogiques sur un portail internet rénové et disponible à la consultation publique. « Les parents seront étroitement associés pour qu’ils soient informés de la démarche dans les conseils d’école, dans les conseils d’établissement, tout cela leur sera présenté en toute transparence pour que chaque adulte comprenne bien que c’est de l’intérêt des enfants que nous parlons », a précisé la ministre.

Le Gouvernement poursuivra aussi la réflexion engagée sur l’évaluation des élèves. Celle-ci « ne vise pas à supprimer les notes mais à rendre l’évaluation plus exigeante, pour qu’elle stimule les élèves au lieu de les décourager ». Il s’agit ainsi de lutter contre « les effets délétères de la perte de confiance des jeunes à l’école, de l’orientation scolaire subie, de l’échec intériorisé ».

 

Nouveaux rythmes : la loi s’applique partout

4 000 communes avaient mis en place la réforme des rythmes scolaires en 2013. Cette année, les 20 000 autres écoles appliqueront dès le 2 septembre la semaine de 4 jours et demi. Toutes les communes ont l’obligation de respecter la loi, rappelle la ministre. « Dans l’immense majorité des communes, cette réforme n’est plus mise en cause et le dialogue a permis de dépasser les problèmes d’organisation. Je sais que les élus ont pu être confrontés à des difficultés pratiques, mais les aménagements rendus possibles par mon prédécesseur ont permis de les surmonter. Enfin, le fonds d’amorçage est prolongé. Je serai donc ferme sur les principes : si des maires ne font pas respecter la loi, les préfets le feront à leur place. L’école n’est pas une option, elle est obligatoire. Le droit à la scolarisation des enfants dans notre république ne souffrira pas d’exception. »

Pour la mise en place du périscolaire, « les communes ne sont pas livrées à elles-mêmes » rappelle la ministre. L’Etat via un fonds d’amorçage spécifique met à disposition 50 euros par enfant, et 40 euros de plus dans les zones rurales et les zones sensibles, pour « payer les animateurs qui vont assurer les activités périscolaires ». En y ajoutant les aides de la CNAF, les aides peuvent atteindre 104 euros par enfant et par an, et même 144 euros pour les communes connaissant des difficultés.

 

Une semaine de 4,5 jours pour un meilleur temps scolaire

Avec la mise en place de la semaine de 4 jours en 2008, les écoliers français avaient le nombre de jours d’école le plus faible des 34 pays de l’OCDE : 144 jours sur 365, contre 187 jours en moyenne.

La semaine de 4 jours et demi, qui était la règle avant 2008, permet de mieux répartir les heures de classe sur la semaine, d’alléger la journée de classe de 45 minutes en moyenne et d’enseigner les savoirs fondamentaux aux heures où les élèves sont le plus concentrés.

Le décret du 24 janvier 2013 relatif à l’organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires prévoit la mise en place d’une semaine scolaire de 24 heures d’enseignement réparties sur 9 demi-journées afin d’alléger la journée d’enseignement.

Avec la réforme, le nombre de jours d’école passera à 180 par an. Principal bénéfice : l’aménagement de 36 matinées de plus pour apprendre. Aucune heure de temps scolaire n’est enlevée ou ajoutée : les élèves ont toujours 24 heures par semaine en cours, mais avec un meilleur temps pour apprendre.

A noter : la spécificité de l’école maternelle a donné lieu à des recommandations du ministère pour une meilleure application du décret relatif à l’organisation du temps scolaire.

 

Quels bénéfices pour les enfants ?

Trois principaux bénéfices pédagogiques ont été identifiés :

  1. Les apprentissages fondamentaux sont positionnés aux moments où la capacité d’attention des élèves est la plus grande. Les apprentissages mobilisant une forte capacité d’attention sont placés aux moments les plus propices, de préférence le matin avant 11 heures et l’après-midi à partir de 15 heures. La journée est rythmée en alternant séances longues et courtes pour une meilleure efficacité.
  2. La matinée supplémentaire permet, grâce à des emplois du temps repensés, de répartir plus efficacement les activités dans la semaine. Elle donne davantage de souplesse et de possibilités de choix d’organisation et d’accompagnement des apprentissages.
  3. Autour du nouveau temps scolaire se met en place, pour l’enfant, un projet éducatif global. La collaboration entre l’Education nationale et les communes favorise la conception et la conduite d’une action éducatrice prenant en compte le temps de l’enfant dans sa globalité. Avant la réforme, seuls 20 % des écoliers avaient accès à des activités sportives, culturelles ou de loisirs. Avec la réforme, 80 % des écoliers y participeront. Ainsi chaque enfant, quelles que soient son origine sociale ou les ressources de sa famille, peut accéder à des activités artistiques, sportives, des ateliers de langues vivantes ou de jeux de société.

 

Quel financement ?

Depuis la rentrée 2013, le Gouvernement soutient financièrement les communes qui appliquent les nouveaux rythmes scolaires par le biais d’un fonds d’amorçage de 250 millions d’euros qui vise à redéployer les activités périscolaires existantes et à en développer de nouvelles. Concrètement, cela représente 50 euros par élève et par an, un soutien qui peut atteindre 90 euros par élève pour les communes les plus en difficulté.

Maintenu pour l’année 2014-2015, le fonds sera reconduit l’année suivante (2015-2016). Son montant permettra de répondre plus particulièrement aux besoins des communes les plus en difficulté.