Réforme des retraites : « les salariés ne doivent pas payer deux fois ».

La réforme des retraites a été présentée ce mercredi au Conseil des ministres. Le texte (projet de loi  « garantissant l’avenir et la justice du système de retraites ») (ci-dessous) sera étudié à l’Assemblée nationale en commission début octobre et en séance à partir du 7 octobre, semaine où le député Eric Alauzet sera présent dans l’hémicycle sur l’ensemble de la semaine.

En attendant une position des députés écologistes qui suivra les discussions, ci-dessous également le positionnement d’EELV.

Le déficit des retraites est aujourd’hui de 14 Mds€. Sans réforme, il atteindra 21 Mds€ en 2020 et 27 Mds en 2040. Les mesures retenues ont pour objectif un retour à l’équilibre en 2020, et une stabilisation jusqu’en 2040, pour l’ensemble des régimes (privé, public, spéciaux). Au-delà de cette date, la bosse démographique liée au départ en retraite des générations du baby-boom serait derrière nous, et le système s’équilibrerait. Un mécanisme de pilotage des retraites serait également mis en place, pour mettre fin au pilotage à vue du système.

La mesure centrale est l’allongement progressif de la durée de cotisation à 43 ans (172 trimestres) d’ici à 2035 pour pouvoir toucher une retraite complète. Elle concerne tout le monde: salariés du privé mais aussi du public, et non salariés. L’âge légal de départ, repoussé à 62 ans par la réforme Sarkozy de 2010, n’est pas remis en cause. Le gouvernement avait d’emblée refusé de le reculer davantage.

« L’allongement de la durée de cotisation n’apportant pas de recettes rapides pour résorber d’ici 2020 le déficit du régime général (7,6 milliards) », le projet prévoit une hausse des cotisations vieillesse patronales et salariales pour un gain de 4,4 milliards. Une première hausse de 0,15% est prévue pour 2014 puis 0,05% par an jusqu’en 2017.

Cette hausse de cotisations serait «compensée» dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) par une baisse du même ordre des cotisations famille payée par les employeurs.

Les retraités seraient aussi mis à contribution par un report de six mois de la revalorisation annuelle des pensions du 1er avril au 1er octobre. Gain escompté: 1,4 milliard en 2020. Ce retard dans la revalorisation ne concernera pas le minimum vieillesse.

La réforme met en place un compte personnel de prévention de la pénibilité pour tous les salariés exposés à des facteurs de pénibilité. L’objectif est de financer une réorientation professionnelle, un passage à temps partiel en fin de carrière ou une retraite anticipée. Il s’agit aussi d’inciter les entreprises à réduire la pénibilité.

Deux mesures s’adressent aux jeunes, pour les aider à réduire les discontinuités de début de carrière :

  • Les périodes d’apprentissage seront intégralement validées.
  • Le rachat des périodes d’études, en début de vie professionnelle, sera facilité par une aide financière

Le handicap sera mieux pris en compte, qu’il s’agisse des personnes handicapées elles-mêmes (départ anticipé) ou des personnes de leur famille qui les assistent.

La présentation au Conseil des ministres : http://www.gouvernement.fr/gouvernement/l-avenir-et-la-justice-du-systeme-de-retraites

Le site internet sur la réforme : http://www.social-sante.gouv.fr/reforme-des-retraites,2780/

Le positionnement d’EELV  :

La motion adoptée au Conseil fédéral EELV de samedi 14 septembre : https://eelv.fr/2013/09/16/retraites-repenser-le-pacte-de-solidarite-inter-generationnel/

Photo Une AFP