La démission de M. Grosperrin du CSP : du plus bel opportunisme !

Depuis trois ans, l’Education nationale est de nouveau la priorité de la Nation. Cela s’est traduit par la revalorisation de l’apprentissage des savoirs fondamentaux au cœur de l’école primaire, la réforme des rythmes scolaires, le recrutement d’enseignants supplémentaires, le rétablissement de leur formation, et la concentration des moyens de l’éducation prioritaire sur les établissements en difficulté.

Le collège est une étape essentielle de la scolarité obligatoire et la refonte des programmes doit contribuer à favoriser la qualité des enseignements, permettre l’épanouissement personnel et la construction de l’autonomie intellectuelle des élèves. Il faut soutenir dans ce sens la démarche de la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

Aussi, Éric ALAUZET a tenu à réagir à la démission de M. Grosperrin du Conseil supérieur des programmes scolaires, par un communiqué de presse. Il y dénonce l’incohérence d’avoir vu le sénateur UMP voter les propositions remises à la ministre pour ensuite, une fois les oppositions entendues, abandonner son poste au CSP !

 

Le Communiqué de presse :

La démission de M. Grosperrin du Conseil supérieur des programmes scolaires :

du plus bel opportunisme !

M. Grosperrin vient d’annoncer avec fracas sa démission du Conseil supérieur des programmes (CSP). Un conseil, où il siégeait avec sa collègue députée Mme Genevard, pour la future défunte UMP.

Le motif, ou plus précisément le prétexte ? La révision des programmes du collège. Alors que la proposition des nouveaux programmes par ce Conseil remise au ministre il y a quelques semaines avait reçu l’aval des deux parlementaires, le CSP l’ayant adopté à l’unanimité le 9 avril dernier.  Mais ça c’était avant !

Et encore avant c’était la suppression de 80 000 postes, la suppression de la formation des maîtres et l’aggravation de la situation des enfants les plus en difficulté et des inégalités scolaires depuis dix ans, avec des élèves qui s’ennuient, décrochent, quittent l’école…

La loi sur la refondation de l’école de la République marque l’urgence à agir, et place le contenu des enseignements au cœur de la réforme en personnalisant encore plus les enseignements grâce aux heures de soutien individuel, à l’autonomie donnée aux établissements, aux cours croisées pour apprendre les savoirs fondamentaux en situation. Tout cela rendu possible par les 27 000  recrutements d’enseignants depuis 2012. Depuis trois ans, l’Education nationale est de nouveau la priorité de la Nation.

M. Grosperrin aurait été plus inspiré de poursuivre l’action pour laquelle il a été nommé pour améliorer le projet en cours qu’il a bien adopté. Les projets de programmes sont ainsi soumis à consultation jusqu’au 12 juin. Vont évoluer : la place du latin et du grec, le cadre des cours d’histoire, la vulgarisation des textes,… On est très loin d’un « fonctionnement dogmatique ou idéologique du conseil » jeté à la va-vite par l’élu UMP. Le plus grave est qu’en assénant des contres vérités, en faisant le jeu d’un statu quo, on ne sert pas l’intérêt des nouvelles générations.

Il nous faut donner les moyens nécessaires à la réussite de cette réforme, de travailler à une meilleure mixité sociale entre les établissements, de sauvegarder les capacités d’initiative pédagogiques des enseignants et de veiller à bien associer les parents et toute la communauté éducative pour éviter de donner le sentiment d’une énième réforme imposée d’en haut, qui serait donc vouée à l’échec.

L’occasion était trop belle pour M. Grosperrin de « surfer » sur les réactions que déclenchent malheureusement chaque réforme scolaire.

Éric ALAUZET, Député du Doubs

 

La loi sur la refondation de l’école de la République, souhaitée par le Président de la République et adoptée par la majorité parlementaire, a placé le contenu des enseignements au cœur des ambitions de la réforme. Les deux élus UMP semblent avoir vite oubliés les 80 000 suppressions de poste, responsables des résultats en baisse des élèves et l’accroissement des inégalités scolaires depuis dix ans… Et quand le collège devient, comme ils l’ont laissé faire, une fabrique à reproduire les inégalités, qu’une grande partie des élèves s’ennuie et qu’ils sont nombreux à décrocher, il y a urgence à agir !

Les projets de programmes sont ainsi soumis à consultation jusqu’au 12 juin 2015 (sur le site Éduscol). Ils constituent une première proposition, une préfiguration qui nécessite encore d’être travaillée. Ils seront réexaminés et amendés suite aux avis et propositions recueillis durant la phase de consultation. Sont déjà prévus à évoluer : la place du latin et du grec, un recadrage des cours d’histoire, une vulgarisation des textes,… Les programmes ne doivent pas échapper aux enseignants et aux éducateurs.

Il est trop facile et déplacé d’abandonner un poste de responsabilité de co-construction et de validation de ces programmes ou alors il s‘agit d’un geste opportuniste pour ne pas être en contradiction avec son parti ?

Pour les députés écologistes «Réformer le collège est une impérieuse nécessité ». « Et plutôt que de travailler tous ensemble à s’attaquer aux racines de ce problème, un élitisme conservateur, au Parlement et ailleurs, combat de toutes ses forces la réforme annoncée».