Giec : « le défi auquel nous faisons face est plus important et plus urgent encore que ce que nous pensions ».

Le cinquième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat – . plusieurs années de travaux et des contributions de plus de 2000 scientifiques, publication de 2 500 pages), rendu public le 27 septembre, confirme et aggrave le diagnostic sur le changement climatique. Le réchauffement de la planète, dont le GIEC confirme une nouvelle fois l’origine humaine, se poursuit et s’accélère sur les trois dernières décennies. Les impacts attendus sont conséquents. Selon le GIEC, l’augmentation de la température moyenne du globe la planète pourrait aller jusqu’à + 4,8 °C avant 2100. Le niveau des océans pourrait s’élever de près d’un mètre de 26 à 82 cm d’ici 2100).

Le verdict des scientifiques est sans appel et tient en une phrase qu’a prononcée la responsable climat de l’ONU : « le défi auquel nous faisons face est plus important et plus urgent encore que ce que nous pensions« .

http://www.lemonde.fr/planete/visuel/2013/09/27/la-carte-des-impacts-du-rechauffement-climatique_3486190_3244.html

 

Les mots ne suffisent plus.

Le GIEC, dans son scénario le plus sobre, indique qu’il est encore possible de limiter le réchauffement global en dessous de 2°C à la fin du siècle. Les actions et les efforts à engager pour y parvenir sont connus. Ils ne peuvent plus être retardés, comme si renvoyer le problème à plus tard pouvait laisser croire qu’il se résoudra tout seul.

Pour Europe Écologie Les Verts, la conférence des Nations Unies sur le Changement climatique (COP21) qui se tiendra à Paris en 2015, est une échéance capitale.Il est indispensable qu’elle débouche sur un succès réel, et l’engagement de l’ensemble des parties à des progrès réels et concrets. La confirmation, par le GIEC, de l’ampleur des enjeux et des bouleversements profonds qu’ils pourraient impliquer doit conduire la communauté internationale à entamer, enfin, une véritable transition énergétique et climatique, seule réponse à la hauteur de tels risques.

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Que dit le rapport du GIEC ?

Pour le Giec, il est désormais «extrêmement probable» que l’influence humaine est la principale cause du réchauffement observé depuis le milieu du 20e siècle, ce qui équivaut à 95% de certitude dans la terminologie très précise du rapport. Dans son dernier rapport, en 2007, cette certitude était de 90%.

Concernant l’ampleur possible du réchauffement d’ici la fin du siècle, le Giec a retenu quatre scénarios possibles sans se prononcer sur la probabilité de chacun d’entre eux.

Le Giec estime ainsi probable que la Terre se réchauffe entre 0,3°C, dans le scénario le plus optimiste, et 4,8°C d’ici la fin du siècle par rapport à la température moyenne de la période 1986-2005. La forte incertitude dépendant évidemment en premier lieu des quantités de gaz à effet de serre qui seront émises dans l’atmosphère dans les prochaines décennies. La Terre s’est déjà réchauffée d’environ 0,8°C depuis l’époque pré-industrielle.

«Limiter le changement climatique va nécessiter des réductions substantielles et durables des émissions de gaz à effet de serre», a indiqué dans un communiqué Thomas Stocker, vice-président du groupe du Giec.

Les experts du Giec s’attendent également à ce que le réchauffement climatique provoque des événements météorologiques extrêmes plus intenses, même si certains aspects ne sont pas encore tout à fait clairs.

«Les vagues de chaleur vont probablement se produire plus fréquemment et durer plus longtemps. Avec le réchauffement de la Terre, nous nous attendons à voir les régions actuellement humides recevoir davantage de précipitations et les régions sèches en recevoir moins, même s’il va y avoir des exceptions», selon Thomas Stocker.

Concernant la hausse du niveau de la mer, l’une des conséquences majeures du réchauffement, le Giec revoit à la hausse ses projections: les scientifiques estiment désormais qu’elle peut monter en moyenne de 26 à 82 cm d’ici 2100 contre 18 à 59 cm dans le rapport 2007. Les événements météorologiques extrêmes, tels les ouragans, canicules et tempêtes, augmenteront en fréquence et en intensité. Il est estimé que les coûts d’inondations dans les villes côtières du monde entier seraient multipliés par plus de 10. Dans un monde de 4 degrés de réchauffement global de la température, la production agricole du continent africain serait réduite de 80% d’ici 2050. Le dérèglement climatique pourrait ralentir le Gulf Stream de l’océan Atlantique provoquant un refroidissement important de l’Europe continentale, notamment de la France, par un écoulement dans les océans des glaciers côtiers du Groenland et de l’Antarctique.

«Cela ne fait aucun doute: le rapport du Giec nous prouvera à tous que le défi auquel nous faisons face est plus important et plus urgent encore que ce que nous pensions», prévoyait jeudi Christiana Figueres, la responsable climat de l’ONU.

«La question bien sûr est de savoir quelle sera la réaction des gouvernements face à ce défi», a-t-elle ajouté. «Il est clair que les engagements pris à ce jour (pour réduire les émissions de gaz à effet de serre) sont insuffisants pour atteindre l’objectif des 2°C».

Le Giec, créé il y a 25 ans sous l’égide pour l’ONU, a pour mission d’établir l’état des lieux du réchauffement pour éclairer les responsables politiques et économiques, mais ne fournit pas de préconisations en tant que tel.

 

Accord indispensable à la Conférence de Paris en 2015

François Michel Lambert, député EELV, a interrogé dernièrement le ministre des Affaires étrangères sur stratégie mise en oeuvre pour faire de la conférence de Paris, en 2015, celle de la conclusion d’un accord jugé indispensable par tous les scientifiques.

http://www.ecolodepute-e-s.fr/2013/10/01/après-le-rapport-du-giec-quelle-stratégie-pour-réussir-la-conférence-de-paris-sur-le-climat-en-2015/

Il faut maintenant atténuer rapidement le dérèglement climatique et s’adapter à ses effets, dont certains sont déjà visibles aujourd’hui. Face à un phénomène qui traverse toutes les frontières, chaque pays doit jouer son rôle. Les pays occidentaux doivent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de plus de 80% d’ici 2050, et accompagner les pays moins développés dans un modèle de développement décarboné.

 

Cap ambitieux pour la France

Le Président de la République vient de fixer un cap ambitieux pour la transition écologique et énergétique lors de la Conférence environnementale : réduire notre consommation énergétique de 50% à l’horizon 2050 ainsi que notre consommation d’énergies fossiles de 30% d’ici 2030. Le gouvernement lance actuellement un programme complet pour la rénovation énergétique du parc bâti, responsable de 19% de nos émissions de gaz à effet de serre et de 44% de notre consommation énergétique finale, avec notamment une baisse de la TVA sur les travaux de rénovation énergétique du logement à 5%.

La transition énergétique, qui se fera par l’efficacité et la sobriété énergétique d’une part, et le déploiement massif des énergies renouvelables d’autre part, est un impératif pour la préservation de notre planète.

Ces objectifs fixés par François Hollande s’inscrivent dans sa volonté de faire de la France le pays de l’excellence environnementale et un pays leader dans la coopération internationale sur l’environnement. La France accueillera les négociations sur le climat de l’ONU en 2015 et le président de la République l’a dit clairement : la France ne ménagera pas ses efforts pour aboutir à un accord contraignant et ambitieux pour lutter efficacement contre le changement climatique.

Prendre acte de l’urgence du défi climatique ouvre le champ des possibles. La transition écologique n’est pas un fardeau, mais est une opportunité pour redresser la France économiquement, réduire les inégalités sociales et améliorer le bien-être de nos concitoyens.