Christiane Taubira à Besançon et Chalezeule : « Ce pays est celui de la raison, de la générosité, de la responsabilité »

Christiane Taubira, Garde des sceaux et Ministre de la Justice, en visite officielle à Besançon, a inauguré ce vendredi le SPIP – Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation du Doubs et du Jura.

 

Inauguration du SPIP

De nombreux élus étaient présents pour cette inauguration dont les deux députés Eric Alauzet et Barbara Romagnan qui ont permis sa venue et l’ont invité à rester ensuite en Franche-Comté (voir ci-dessous) mais également Marie-Guite Dufay, présidente de la région Franche-Comté, Claude Jeannerot, Président du conseil général du Doubs, Jean-Louis Fousseret, Maire de Besançon, Claude Jeannerot, Président du conseil général du Doubs et Martial Bourquin, Sénateur du Doubs.

Le SPIP intervient non seulement au sein des établissements pénitentiaires mais également en milieu ouvert pour effectuer le suivi des personnes placées sous main de justice (PPSMJ). Il a pour mission principale la prévention de la récidive. Les Spip participent à l’exécution, à l’individualisation et à l’aménagement des peines prononcées par l’autorité judiciaire.

Il met en oeuvre les peines alternatives à l’incarcération, contrôle et fait respecter les obligations imposées aux personnes placées sous main de Justice, tout en favorisant la mise en place d’actions d’insertion ou de réinsertion avec les partenaires associatifs.

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Lors des interventions, Christiane Taubira a déclaré : « Lorsque vous laissez sortir des personnes qui n’ont pas d’hébergement, qui sont en rupture familiale, qui sont parfois faibles du point de vue de la qualification professionnelle, qui sont sous addiction d’alcool ou de stupéfiants, sans aucun accompagnement ni aucune contrainte, vous savez objectivement que vous avez des risques de récidive. »

La ministre a indiqué que « Ce que nous avons mis en place dans la loi c’est cette libération sous contrainte, c’est à dire éviter ce que nous connaissons actuellement : 80 % de sorties sèches. Il faut éviter cela et faire en sorte que les personnes reviennent dans la société progressivement, pour limiter le risque de récidive. La libération sous contrainte, c’est un sas, un temps intermédiaire entre la sortie en détention et le retour dans le corps social. » (macommune.info)

Après l’inauguration du SPIP, la ministre s’est rendue à l’invitation des deux députés à Chalezeule pour visiter les Jardins de Cocagne et le Centre d’hébergement et de réinsertion sociale de l’association Julienne Javel.

 

Jardins de Cocagne et Pépinière maraichère

Accueilli par M. le Maire de Chalezeule, Christian Magnin-Feysot, Christiane Taubira a rencontré les personnes en insertion des Jardins de Cocagne (le premier en France) sur les nouvelles et futures parcelles d’exploitation de la Zone des Andiers en face la caserne Est des Sapeurs Pompiers qui accueillait la rencontre.

Les personnes ont pu prendre le temps d’expliquer à la Ministre leur travail et leur engagement. Certains d’entre eux sont mêmes dorénavant maraîchers indépendants avec Coopilote grâce au projet d’agglomération de Pépinière maraichère Bio d’insertion qui s’implante sur le site. La Vice-présidente à l’agglomération, Françoise Presse,prit le temps d’exposer le projet notamment du futur bâtiment de Pépinière à Mme la Ministre.

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Visite du CHRS Julienne Javel

Dans le centre du village, la Ministre était reçue par le Président, Jean Claude Passier, et la directrice de l’association Julienne Javel, Laure Paveau, au Centre d’hébergement et de réinsertion sociale.

Julienne Javel a la particularité d’avoir été visiteuse de prison et d’avoir créé, en 1950, ce foyer d’hébergement pour accueillir les personnes sortant de prison. Ces derniers ayant des difficultés à trouver un emploi, elle ouvrit alors une menuiserie. A sa mort, son association prit son nom et se développa pour gérer aujourd’hui un centre d’hébergement et de réinsertion sociale, un centre d’adaptation à la vie active, un service Mission Habitat et un Jardin de Cocagne.

Après une visite de la structure qui héberge une quarantaine de résidents, était organisée une rencontre avec une partie d’entre eux autour de verres de jus de pommes fabriqués sur place par les personnes en insertion. Un des résidents a « slamé » un  poème à destination de Christiane Taubira valorisant le Centre et toutes les personnes qui y vivent ainsi que celles et ceux qui les accompagnent « pour repartir dans la vie ».

Les deux députés remercient les responsables de l’association et de la CAGB pour leur accueil et leur disponibilité pour ces visites, ainsi que les sapeurs-pompiers.

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Rencontre à Besançon

Barbara Romagnan et Eric Alauzet avaient invité ensuite les militants, sympathisants et amis à une réunion publique – rencontre avec Christiane Taubira à la salle Battant à Besançon.

Après quelques mots d’accueil pour dire combien les deux parlementaires avaient été touchés aussi bien par les prises de paroles de Mme la Ministre à l’Assemblée nationale depuis deux ans et particulièrement au moment de la loi pour le mariage pour tous – « loi marqueur du mandat qui fait prendre conscience de l’évolution de la famille élargie » – que par la proximité et l’écoute des gens qu’elle avait fait preuve dans l’après-midi aussi bien au SPIP qu’à Chalezeule, ils l’ont remercié d’être présente devant plus de 250 personnes enthousiastes venues l’entendre.

Christiane Taubira, avec cette aisance dans l’expression et avec une richesse des mots, est revenue sur ce qui fait « la gauche », ses valeurs, son histoire, et comme elle le dit si bien « son audace, son héritage et son patrimoine ».

Cette gauche qui « est appelée aux responsabilités à chaque fois qu’il y a des crises, des doutes qui existent dans la société, dans la république » où une fois au pouvoir « nous devons toujours donner un sens à notre action ».

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« Nous devons rendre compte auprès de vous puis nous devrons expliquer à nos enfants plus tard notre engagement ». « Nous devons agir conformément à nos idéaux, satisfaire cette ambition républicaine d’égalité. Nous avons en ce moment du mal à nous parler et à agir ensemble, il nous faut réapprendre à travailler ensemble, à réfléchir ensemble » surtout dans « ces instants où la situation est difficile, les attentes immenses, les espoirs grands et qu’il existe de nombreuses impatiences ».

Puis de la Garde des Sceaux est revenue sur la réforme pénale en passe d’être adoptée définitivement au Parlement, le projet de loi ayant même été adoptée par tous les groupes de gauche en première lecture avec 329 voix.

« Un texte qui prend acte de la société à travers la pensée en France : c’est la raison qui nous guide. Ce pays est celui de la raison, de la générosité,de la responsabilité. Chacun est unique appartenant au groupe et à son ensemble ».

Ce texte c’est « Être capable de punir avec des conditions de la sanction mais aussi de donner sens à la peine ». C’est « Aussi sanctionner l’auteur de méfaits pour mieux revenir dans la société : On permet à l’auteur de se ressaisir, de percevoir sa responsabilité, de réparer auprès de la victime, c’est une condition de la vie commune et du retour au lien social. »

Et de re-prononcer ce mot qui pour elle symbolise bien l’esprit de la loi, le mot « désistance » qui veut dire « sortir du parcours de la délinquance ».

Ce fut une belle journée ministérielle où celles et ceux qui ont pu croiser Christiane Taubira, ont pu apprécier la femme politique engagée au service de la République.