Chalutage profond : Eric Alauzet réagit suite au vote du Parlement européen

Le chalutage profond est une technique de pêche extrêmement nocive pour les fonds marins. Elle consiste à déployer d’immenses filets lestés qui vont racler les fonds marins jusqu’à 1800 mètres de profondeurs, dans le but de ramener des espèces de poissons pêchées en profondeur, mais elle détruit dans le même temps des écosystèmes marins entiers et crée des dégâts irréversibles sur la faune et la flore aquatiques, alors même que la plupart des espèces pêchées sont finalement jetées car elles n’intéressent pas les consommateurs. Cette pêche est tout sauf durable, mais elle est soutenue par des lobbies de la pêche industrielle très influents.

Pour comprendre les enjeux écologiques liés au chalutage profond :

http://www.penelope-jolicoeur.com/2013/11/prends-cinq-minutes-et-signe-copain-.html

Ainsi, alors que la pétition initiée par l’association Bloom et adressée au Président de la République a déjà recueilli à ce jour près de 800 000 signatures afin de mettre un terme au chalutage profond et de préserver l’avenir des fonds marins, le Parlement européen a refusé à une courte majorité l’interdiction du chalutage en eaux profondes que proposait la Commission, soutenue par le groupe des Verts, le 10 décembre.

Ce vote était confus : pour voter l’interdiction du chalutage profond, il fallait préalablement rejeter le premier amendement proposé, car si celui-ci était adopté, il faisait d’office disparaître les amendements suivants, en empêchant les députés de se prononcer contre le chalutage profond. De ce fait, de nombreux députés se sont trompés dans leurs actes de vote, et ont adopté l’amendement alors que leur intention était de le rejeter. Finalement, après correction de vote de plusieurs députés, le résultat en est ressorti inversé : c’est par une courte majorité que l’interdiction du chalutage profond aurait dû être adoptée.

Malheureusement, d’un point de vue réglementaire, ce résultat n’a pas pu être pris en compte, car le vote en assemblée plénière ne peut être remis en cause a posteriori, ce qui est juridiquement indiscutable. Il n’existe aucun recours, et le vote a donc été perdu.

Pour autant, cette situation ubuesque n’est pas tenable. Cette question politique est extrêmement sensible dans l’opinion française, comme le montre le nombre de signatures de la pétition de l’association Bloom, ainsi que le revirement de certaines enseignes de la grande distribution qui, la veille du vote, ont communiqué sur leur volonté de supprimer de leurs étals les espèces de poissons issus de cette technique de pêche.

Devant l’impossibilité de revenir sur le résultat de ce vote, c’est donc le Conseil des Ministres européens qui devra désormais se saisir de cette question cruciale pour le devenir des fonds marins : car le chalutage profond ne sera jamais une technique de pêche durable, bien au contraire, elle condamne à terme non seulement les ressources halieutiques des profondeurs, mais également l’ensemble des écosystèmes sous-marins.

Eric Alauzet doit adresser prochainement une question écrite à M. Frédéric Cuvillier, Ministre délégué auprès du Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’énergie, chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, afin de peser dans les débats pour que cette interdiction soit finalement actée et que le Gouvernement lui-même pèse sur les distributeurs pour qu’ils s’engagent à refuser les poissons issus de cette pêche destructrice.

Ci-dessous, l’interpellation de Jean-Paul Besset, député européen membre de la commission pêche et co-rapporteur du projet, à l’adresse du Conseil des Ministres européen et du Gouvernement français en son sein :

CP JPBesset – Interdiction Du Chalutage en Eaux Profondes

Pour signer la pétition en ligne :

http://petition.bloomassociation.org/