Un plan annoncé pour le secteur du tourisme

Le Premier ministre a présidé un comité interministériel du tourisme jeudi 14 mai à l’issue duquel il a détaillé les mesures d’un plan de 18 milliards d’euros pour sauver ce secteur économique le plus touché par la crise. Ce secteur, un des fleurons français, qui représente près de 2 millions d’emplois directs et indirects et près de 8% du PIB, fait face aux conséquences de la crise sanitaire qui est loin d’être terminée.


Son sauvetage est aujourd’hui une priorité nationale

Les entreprises du secteur ont d’ores et déjà pu bénéficier de nombreuses mesures :

  • 6,2 milliards d'euros de prêts garantis par l'Etat ont déjà été préaccordés à 50 000 entreprises du secteur, soit près de 10 % du total des prêts garantis par l'Etat.

  • 1, 4 million de salariés ont pu bénéficier des mesures de chômage partiel ;

  • Les mesures de reports de charges et le Fonds de Solidarité ont concerné le secteur.


Mais le gouvernement a souhaité aller plus loin et a élaboré un ensemble de mesures de soutien s’organisent en 3 temps :

  • l’urgence ;

  • le temps moyen du déconfinement ;

  • le long terme, la reconquête de la place de la France au premier rang du tourisme mondial.



Pour faire face à l’urgence 

Le Fonds de solidarité restera ouvert pour les entreprises du secteur hôtellerie, restauration, tourisme jusqu'à la fin de l'année 2020. Son accès sera élargi à des entreprises de plus grande taille, jusqu'à 20 salariés et jusqu'à 2 millions d'euros de chiffre d'affaires. L'aide qui sera versée pourra aller jusqu'à 10 000 euros. Le fonds est également ouvert aux indépendants.

Les dispositifs de prêts au secteur hôtellerie, restauration, tourisme seront renforcés : un “prêt garanti État saison” sera mis en place, ses conditions seront plus favorables que celles du prêt garanti État classique, avec notamment un plafond qui pourra atteindre le chiffre d'affaires des 3 meilleurs mois de l'année précédente, soit bien au-delà des 25% de CA jusqu’alors possibles.

L'enveloppe des prêts tourisme de Bpifrance, qui sont plébiscités par le secteur, sera portée de 250 millions à 1 milliard d'euros.

Les banques se sont engagées à systématiquement proposer aux PME du secteur un report des mensualités de tous leurs prêts sur 12 mois, et non pas simplement sur les 6 mois.

Les entreprises du secteur hôtellerie, restauration, tourisme sont exonérées des cotisations sociales patronales entre mars et juin. Cette exonération sera prolongée tant que la fermeture durera. Un crédit de cotisations de 20 % des salaires versés depuis février sera par ailleurs accordé aux entreprises pour accompagner la reprise d'activité. Ce crédit de cotisations sera imputable sur l'ensemble des cotisations dues. Au total, ces allègements de cotisations représentent plus de 2 milliards d'euros d'aides directes au secteur.


Un plan d'investissement accompagne ce plan global

Un plan d'investissements en fonds propres de 1,3 milliard d'euros sera porté par la Caisse des Dépôts et par Bpifrance. Ce plan d’investissement en fonds propres va créer un effet de levier et générer des investissements privés pour atteindre un chiffre global d'environ 7 milliards d'euros.

Le Gouvernement soutient aussi le pouvoir d’achat des Français et la demande en direction du secteur de la restauration en doublant le plafond d'utilisation des tickets restaurant (à 38€) à compter de la réouverture des restaurants et en faisant en sorte qu’ils soient utilisables le week-end.


Concrètement pour les français 

A l'occasion du conseil interministériel, le Premier Ministre a évoqué la perspective d'une réouverture des hôtels, restaurants et lieux de tourisme dans les prochaines semaines. 

La date de réouverture des cafés-restaurants sera fixée dans la semaine du 25 mai. Elle pourra être envisagée le 2 juin dans les départements verts si l’évolution de l’épidémie ne se dégrade pas et si les mesures sanitaires recommandées sont parfaitement respectées.

Sous réserve de possibles restrictions très localisées en fonction de l'évolution de l'épidémie, « il est raisonnable de penser que les Français pourront partir en vacances en juillet et en août » (Édouard Philippe).

Les Français peuvent réserver pour leurs vacances d'été, d'autant plus que les acteurs du tourisme et de l’hôtellerie se sont engagés à rembourser intégralement les réservations si l’évolution de l’épidémie ne rendrait pas possible le départ en vacances.

L’objectif prioritaire du Gouvernement est d’éviter le risque d’une deuxième vague qui annulerait les efforts des Français pendant deux mois de confinement.