Pénurie de médicaments : éclaircissements

La Ministre des Solidarités et de la Santé a présenté la feuille de route 2019-2022 pour lutter contre les pénuries et améliorer la disponibilité des médicaments en France. En 2017, 538 signalements de rupture ou tension d’approvisionnement ont été recensés en France par l’ANSM (un record) contre seulement 44 en 2008. Le sujet est devenu très médiatisé, en raison de ruptures de stock portant sur des produits d’utilisation courante ou de première importance (antibiotiques, vaccins, anticancéreux). Ces dernières semaines les difficultés d’approvisionnement en corticoïdes ont provoqué l’inquiétude du corps médical, des pharmaciens, comme des patients.

Quelles mesures concrètes sont mises en œuvre pour lutter contre la pénurie actuelle ?

La feuille de route présentée par la Ministre des solidarités et de la santé recense des mesures concrètes pour lutter contre la pénurie de médicaments, notamment celles de:

  • Rendre accessible à l’ensemble des acteurs de la distribution du médicament la plateforme qui permet aux pharmaciens de communiquer sur les ruptures d'approvisionnement avec le laboratoire concerné.

  • Donner la possibilité au pharmacien de remplacer le médicament indisponible initialement prescrit par un autre médicament, lorsque la pénurie concerne un médicament d'intérêt thérapeutique majeur (possibilité donnée par la loi Santé). Sachant que pour sécuriser totalement la procédure, ces remplacements ne pourront se faire qu’après avis de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des associations de patients concernés.

  • Encourager la coopération européenne, en poursuivant les discussions sur l'achat groupé notamment de vaccins essentiels au niveau européen.


 

Pourquoi ne pas instaurer un système de sanctions, sans lequel tous les efforts sont vains ?

L’arsenal juridique en matière de lutte contre les pénuries est déjà particulièrement complexe.

Les sanctions ne sont pas écartées mais doivent être discutées avec l’ensemble des acteurs. En effet, des sanctions au niveau national pourrait avoir un effet contreproductif. C’est pour cette raison que l’approche européenne est nécessaire.