Océan bien commun de l’humanité !

L’appel « Ocean As Common » a été lancé à Monaco en juin 2018 et porté par une alliance de personnalités et d’ONG engagées. Dans un courrier envoyé aux ministres de la Transition écologique François de Rugy et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian le 24 mars dernier, des députés de toutes sensibilités, dont Éric Alauzet, plaident pour que soit reconnu à l’océan la qualité de bien commun de l’humanité.

Des négociations sont actuellement en cours à l’ONU pour doter l’exploration et l’exploitation de la Haute mer d’un cadre juridique contraignant. Elles témoignent de la volonté de la communauté internationale d’agir pour la préservation de l’océan et de ses ressources. 

Aujourd’hui, à 200 milles nautiques des côtes, c’est un espace hors de toute juridiction nationale où la liberté est la règle et la coopération l’exception. Autant dire que cet espace est amené à être soumis à de plus fortes tensions en raison des importants bénéfices attendus de l’exploitation de ses ressources minérales et génétiques. Il est ainsi estimé que la zone dite « Clarion-Clipperton » dans le Pacifique Sud contient à elle seule trois fois plus de nickel, de cobalt et de manganèse que toutes les ressources avérées hors des océans. Selon la Commission européenne, l’extraction des minéraux marins pourrait générer 10 milliards d’euros de bénéfices dès 2030. L’étude des propriétés génétiques des organismes marins peut, quant à elle, contribuer au développement de nouveaux médicaments ou servir à la création de matériaux biosourcés.

Député membre du collectif « accélérons la transition écologique et solidaire », Éric Alauzet et ses collègues alertent ainsi le gouvernement en soulignant que cet impressionnant potentiel, tant économique que scientifique, ne doit pas être exploité au mépris des considérations environnementales. Il ne doit pas non plus en résulter une partition de l’océan au profit du plus avancé technologiquement ou du plus belliqueux. 

C’est pourquoi les négociations en cours sur la Haute mer sont fondamentales pour prévenir de tels risques. En effet, si la communauté internationale s’accordait pour consacrer l’océan comme bien commun de l’humanité, nous ferions prévaloir, en Haute mer, le principe de responsabilité sur celui de la liberté et de la souveraineté. Nous pourrions dès lors en partager les bénéfices, y promouvoir la recherche scientifique et y réguler les entreprises économiques. 

C’est le sens de l’appel « Ocean As Common » lancé à Monaco en juin 2018 et porté par une alliance de personnalités et d’ONG engagées. Le Gouvernement avait alors exprimé son grand intérêt pour cette initiative. 

Aussi les députés l’encouragent à défendre cette position auprès des partenaires internationaux. Notre pays a démontré sa capacité d’entrainement en participant directement au succès de la COP21. Soyons une fois encore à l’avant-garde de la lutte pour le climat et la biodiversité ; pour que soit reconnu à l’océan la qualité de bien commun de l’humanité !