L’insertion par l’activité économique : une ambition renouvelée

Destinée à accompagner et soutenir les personnes les plus éloignées de l’emploi, l’insertion par l’activité économique, qui a vu le jour dans les années 1970, franchit une nouvelle étape. Pour la première fois, le budget de la Nation dédié à cette ambition dépassera le milliard d’euros en 2020 et 1.3 milliard d’ici 2022, ce qui permettra d’augmenter le nombre de bénéficiaires (240 000 contre 140 000 actuellement). Pour la ministre du travail, « c’est un vrai changement d’échelle » qui est engagé.

Ce nouveau pacte d’ambition pour l’insertion par l’activité économique s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté présentée par le Président de la République le 13 septembre 2018. 

Aujourd’hui, l’économie française crée des emplois (500 000 depuis le début du quinquennat ; plus de 150 000 au premier semestre 2019) et le chômage diminue (8.5% de chômage, plus bas niveau depuis 10 ans). Pour autant, une partie de nos concitoyens en situation de précarité reste éloignée du marché du travail. Il faut tout faire pour favoriser leur retour à l’emploi. C’est bien l’objectif du Gouvernement avec le lancement lundi 9 septembre de la concertation sur le Service public de l’insertion et la présentation mardi 10 septembre du Pacte d’ambition pour l’insertion par l’activité économique.


Le service public de l’insertion

Malgré l’engagement de tous les partenaires, et notamment des Conseils départementaux, les politiques d’insertion des allocataires du revenu de solidarité active (RSA) méritent d’être améliorées.

En effet :

3 mois s’écoulent entre le moment où une personne entre dans le RSA et la date de son premier rendez-vous d’orientation qui permettra de lui affecter un accompagnateur.

Il faut attendre encore 2 mois de plus avant le démarrage réel de l’accompagnement

50% des bénéficiaires du RSA ne sont pas accompagnés au bout de 6 mois.

Fin mars, on comptait 1,88 million de bénéficiaires du RSA, percevant en moyenne 496 euros mensuels. Une situation durable puisque près de 50% des bénéficiaires le sont toujours quatre ans plus tard.

C’est pourquoi une concertation sur le service public de l’insertion a été lancée lundi, afin de créer un guichet unique avec les associations, les collectivités, les partenaires sociaux.

L’objectif est de garantir un accompagnement individualisé à chacun, y compris les personnes les plus éloignées de l’emploi, sur tout le territoire, afin d’offrir à chacun une chance d’accéder à un emploi.

La concertation sera conduite par Jean-Marie Marx, haut-commissaire aux compétences et à l'inclusion par l'emploi, et Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté jusqu’en janvier 2020.

Le pacte d’ambition pour l’insertion par l’activité économique

Afin d’atteindre l’objectif fixé par le Président de la République, à savoir augmenter de 100 000 le nombre de contrats signés par des personnes aujourd’hui éloignées de l’emploi, la ministre du Travail avait confié à Thibault Guilluy, président du Conseil de l’inclusion dans l’emploi, le soin de faire des propositions, après une large concertation. Son objectif : « s’attaquer de façon massive et déterminée au noyau dur de l’éloignement de l’emploi, véritable trappe à la pauvreté ».

Pour ce faire, il a remis à la ministre le 9 septembre 2019 un Pacte d’ambition pour l’insertion par l’activité économique, véritable feuille de route partagée par les acteurs de l’insertion par l’activité économique avec 30 propositions, parmi lesquelles :

La fin de l’agrément donné par Pôle emploi pour permettre à un chômeur d’intégrer une structure d’insertion par l’activité économique ;

La création d’une plateforme numérique pour rapprocher les demandeurs d’emplois et les offres d’emplois en insertion ;

L’augmentation sans précédent du budget du ministère du travail dédié à l’insertion par l’activité économique qui dépassera pour la première fois 1 milliard d’euros en 2020.


Il s’agit bien d’investir massivement pour l’accompagnement de tous vers l’emploi. Pour le Président de la Fédération des Acteurs de la Solidarité, Louis Gallois, ce plan est « une réelle avancée, une ouverture ».