Grand âge et prise en charge de la dépendance : vers la « 5ème branche »

La création en 2001 par Paulette Guinchard, alors Secrétaire d’Etat en charge des personnes âgées sous le gouvernement Jospin, de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) constitue la dernière grande avancée pour nos aînés.

La crise sanitaire a montré l’importance et le rôle majeur des personnes qui sont au service des personnes âgées, à domicile comme en établissement. La revalorisation des conditions de travail et des rémunérations est indispensable. La réforme du grand âge et de l’autonomie est désormais sur les rails.

L’ambition est bien de transformer en profondeur la manière dont est reconnu et pris en charge le risque de perte d’autonomie lié au vieillissement. La priorité est de sécuriser cette prise en charge dans la durée et sur tout le territoire, pour répondre aux besoins des personnes âgées et de leurs familles. Cela doit se faire avec les professionnels et les acteurs qui participent à la prise en charge des personnes âgées. Et cela suppose bien évidemment un financement à la hauteur.

D’où la proposition de créer un cinquième risque de la sécurité sociale, consacré à l’accompagnement face à la perte d’autonomie, aux côtés des branches maladies, famille, accident du travail et maladies professionnelles, retraite. Le principe de cette création a été acté ce 8 juin par les députés.

C’est le socle essentiel d’un nouveau « risque » consacré au financement et à l’accompagnement de tous les Français face à la perte d’autonomie, qui est ainsi posé. Faire le choix de la solidarité nationale témoigne que c’est une nouvelle conquête sociale qui se prépare. Elle était attendue depuis des décennies, notamment pour les personnes en situation de perte d’autonomie due l’âge ou un handicap et les acteurs du secteur.

Car l’objectif est aussi de recruter, former et améliorer les conditions de travail du personnel dans le secteur de l’accompagnement de la perte d’autonomie.

Dans les prochaines semaines, un plan global d’accompagnement des Français face à la perte d’autonomie sera présenté. Plusieurs mesures trouveront corps au moment du vote du projet de loi de financement de la sécurité sociale à l’automne prochain. La question du financement de ce 5ème risque s’engage. Mais sans attendre, les textes qui vont être présentés au Parlement prévoient d’ores et déjà d’affecter à ce financement une partie de CSG (0,15 point, soit 2 Md€) à compter de 2024. Histoire de graver dans le marbre le financement de la dépendance.