Eric Alauzet : "nous devons réduire notre dépendance au nucléaire"

Comme de nombreux français, Eric Alauzet partage le constat que nous devons réduire notre dépendance au nucléaire et amorcer la sortie progressive de cette énergie. Cependant, cet enjeu majeur ne peut être isolé de l’objectif global de décarbonation de notre mix énergétique, de transition énergétique. C’est bien ce cadre général que tracent la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) et la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), dont le PJL Energie Climat est un des pendants législatifs. 








        

Ainsi, le PJL Energie Climat constitue à bien des égards un renforcement des ambitions 
climatiques de la France, dans la lignée des engagements de l’Accord de Paris :

La fin de la production d’énergie à base de charbon à partir de 2022 ;

Le remplacement de l’objectif de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050 par un objectif de neutralité carbone ;

L’augmentation de 30 à 40% de l’objectif de réduction de la consommation énergétique primaire des énergies fossiles en 2030 ;

L’inscription de la notion d’urgence écologique et climatique à l’article L. 100-4 du code de l’énergie. 

Pour ce qui est de l’objectif de réduction de la part du nucléaire, le PJL propose de reporter l’objectif de réduction de celui-ci à 50% du mix électrique français en 2035 : pourquoi ce report ? 

Rappelons que le nucléaire constitue aujourd’hui 71,6% de notre mix électrique mais aussi que ce mix électrique compte pour 22,9% de la consommation électrique française contre 45,1% de produits pétroliers (hors production d’électricité) et 19,1% de gaz naturel. Il est intéressant de constater que le nucléaire compte pour 40,4% d’un bouquet énergétique français qui nous permet d’être indépendant énergétiquement à 53%. 

Ces quelques chiffres nous permettent de dresser deux conclusions :

1) Le nucléaire est aujourd’hui essentiel à la production d’électricité en France et au renforcement de l’indépendance énergétique ;

2) La France reste très dépendante aux énergies fossiles, et ce malgré une production électrique importante. 

Dans ce contexte, les travaux de la PPE et de la SNBC ont montré que l’objectif de réduction de la part du nucléaire à 50% en 2025 était incompatible avec le respect des engagements climatiques de la France. En effet, une réduction rapide et significative de la production électrique nucléaire aurait pour conséquence le report sur des énergies fortement émettrices de gaz à effet de serre et l’augmentation de l’importation d’énergies fossiles ou de biocombustibles. Il apparaît impossible d’installer une capacité suffisante en énergies renouvelables dans un délai de 5-6 ans - une augmentation de 82% de la production d’électricité renouvelable serait nécessaire, alors même que celle-ci repose aujourd’hui à 47,7% sur l’hydraulique au potentiel désormais plus limité - et de gérer simultanément le caractère majoritairement alternatif de ces énergies (nécessitant le développement du stockage ou de solutions d’appoint qui restent basées sur des énergies fossiles).

Le recul de l’objectif des 50% à 2035 vise donc à assurer la compatibilité entre les objectifs climatiques français et l’objectif de réduction de la production nucléaire.

Ici, Eric Alauzet est très clair, le report à 2035 est réaliste et nécessaire mais il est aussi la conséquence de nombreuses années de non planification et de non préparation de l’arrêt des réacteurs nucléaires, une erreur qu’il ne faut pas reproduire ! 

Cela fait 30 ans qu'Eric Alauzet est engagé pour la réduction de la part du nucléaire et à terme sa suppression. Durant cette période, il a pu constater que très peu – si ce n’est rien - a été fait pour le permettre. Ce n’est qu’aujourd’hui, que depuis quelques années, que les premières actions se mettent en place !

Vous remarquerez d’ailleurs que de nombreuses associations « écologistes » (Greenpeace…) ne s’opposent pas au report de l’objectif en lui-même mais dénoncent surtout la limitation des garanties qui sont offertes pour assurer son respect à cette nouvelle échéance de 2035, une analyse qu'il partage donc avec eux. 

Le PJL Energie Climat doit alors être l’occasion de demander la transparence et la préparation nécessaire à la fermeture progressive des réacteurs pour que l’objectif 2035 soit tenu et que le calendrier prévu par la nouvelle PPE soit respecté (2023 : 67% / 2028 : 59% / 2030 : 55% / 2035 : 50%).

En Commission des Affaires Economiques, les députés ont fait un premier pas dans ce sens en s’assurant que le plan stratégique de l’exploitant nucléaire soit étendu, intègre les moyens de production de l’exploitant et prévoit une procédure de révision en cas d’incompatibilité avec la PPE. 

Le plan stratégique devra donc intégrer les fermetures de réacteurs inscrites dans la PPE, c’est-à-dire : 

La fermeture de 4 à 6 réacteurs sur 2019-2028, dont ceux de Fessenheim ;

La prévision de fermeture de 14 réacteurs. 

Enfin, il aimerait souligner que la fermeture des réacteurs nucléaires exige de nombreuses autres mesures tant pour stimuler l’offre – nous avons brièvement abordé ce sujet – que pour réduire la demande d’énergie. 

Sur ce point, il est particulièrement satisfait des premières mesures qui ont été adoptées concernant l’amélioration de l’efficacité énergétique des logements et l’équipement en panneaux solaires des parkings et friches industrielles ou commerciales, il soutiendra plusieurs amendements visant à encore renforcer celles-ci. 

Eric Alauzet ne veut pas tenir un discours démagogique qui consisterait à promettre des choses impossibles, il tient au contraire à tenir un langage de vérité et responsable. Pour l'instant, la France n'est pas en capacité de réduire drastiquement sa dépendance au nucléaire, sauf à accepter la remise en cause de ses engagements climatiques ou la fiabilité des approvisionnements en électricité. Elle doit le devenir le plus rapidement possible, grâce notamment au développement des énergies renouvelables, à l’amélioration de l’efficacité énergétique et à la modification de nos comportements. Eric Alauzet continuera donc de soutenir et de porter de nombreuses mesures qui vont dans ce sens. 

La transition énergétique, comme la transition écologique dans son ensemble, est un processus complexe et multidimensionnel dans lequel il n’existe pas de solution magique. La transition doit alors être cohérente, concertée et préparée et c’est selon ses modalités que la sortie du nucléaire sera un succès pour l’environnement et les français.