Eric Alauzet à nouveau cosignataire d'une tribune pour l'IVG

Véritable icône féministe, Ruth Bader Ginsburg nous laisse son combat pour les droits sexuels et reproductifs en héritage. La place qu’elle laisse vacante à la Cour suprême, aux mains de Trump, est un énième signal d’alarme. Les lois liberticides en matière d’avortement adoptées ces dernières années – aux Etats-Unis et en Europe – en étaient autant d’autres. En cette journée mondiale du droit à l’avortement, nous, élu·e·s engagé·e·s, professionnel·le·s de l’IVG et associations féministes, plaidons pour que la France réaffirme le droit des femmes à disposer librement de leur corps.


A celles et ceux qui nous taxent d’éternels insatisfaits pour balayer d’un revers de main les inquiétudes que nous formulons depuis de nombreuses années, nous leur opposons les chiffres. Tous les jours, nous faisons le constat de l’insuffisance des politiques publiques en matière d’éducation à la sexualité ou encore de la fermeture des nombreux établissements spécialisés dans l’IVG, qui se traduisent – entre autres – par une entrave à la liberté de choix de la méthode de l’IVG pour les femmes. Tous les jours, les femmes font les frais de la clause de conscience spécifique à l’IVG qui consacre l’avortement comme un acte à part, stigmatisant et culpabilisant.


La loi française autorise l’avortement jusqu’à douze semaines de grossesse. Chaque année, en France, quelque 3 000 à 5 000 femmes sont contraintes de partir avorter à l’étranger du fait du dépassement des délais légaux. Et combien d’autres ne peuvent assumer les nombreux frais que cela implique en matière de déplacement, d’hébergement et de coût de l’intervention ? Les conséquences pour celles contraintes de mener la grossesse à son terme peuvent être dramatiques : problèmes psychosociaux, rejet ou abandon du bébé, difficultés dans l’exercice des fonctions parentales.


A celles et ceux qui en appellent à la responsabilité des femmes, nous rappelons qu’aucune d’entre elles ne reporte sa décision par distraction, par manque de temps ou par plaisir. Le dépassement des délais légaux est davantage le reflet des difficultés de parcours et d’accès des femmes à l’IVG que celui de leur difficulté à faire un choix. Nous, élu·e·s engagé·e·s, professionnel·le·s de l’IVG et associations féministes, refusons que le droit à l’avortement soit conditionné aux ressources matérielles des femmes.


Pour que l’IVG soit un droit pour toutes, et non pas seulement pour celles qui en ont les moyens, la loi doit changer. La proposition de loi transpartisane visant à allonger les délais légaux de douze à quatorze semaines et à supprimer la clause spécifique de conscience sera examinée le 8 octobre. Pour apporter votre soutien, rendez-vous sur ivg-pour-toutes.fr.


Signataires : Albane Gaillot, députée du Val-de-Marne EDS (groupe écologie, démocratie, solidarité), Eric Alauzet, député du Doubs LREM, Delphine Bagarry, députée des Alpes-de-Haute-Provence, membre du groupe EDS, Erwan Balanant, député du Finistère (MoDem), Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres EDS, Esther Benbassa, sénatrice écologiste de Paris, Moetai Brotherson, député de Polynésie GDR (groupe gauche démocrate et républicaine), Marie-George Buffet, députée de Seine-Saint-Denis GDR, Annie Chapelier, députée du Gard EDS, Guillaume Chiche, député des Deux-Sèvres EDS, Laurence Cohen, sénatrice du Val-de-Marne CRCE, Yolaine De Courson, députée de la Côte d’Or EDS, Jennifer de Temmerman, députée du Nord EDS, Catherine Fabre, députée de Gironde LREM, Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine GDR, Paula Forteza, députée Français établis hors de France EDS, Raphaël Gérard, député de la 4e circonscription de la Charente-Maritime LREM, Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère CRCE (groupe communiste, républicain citoyen et écologiste), Michelle Greaume, sénatrice du Nord CRCE, Régis Juanico, député Génération.s de la Loire, Hubert Julien-Laferrière, député du Rhône EDS, Jacques Krabal, député de l’Aisne LREM, Bastien Lachaud, député de Seine-Saint-Denis LFI, Jean-Luc Lagleize, député de Haute-Garonne Modem, Monique Lubin, sénatrice des Landes PS, Michelle Meunier, sénatrice de Loire-Atlantique PS, Sébastien Nadot, député de Haute-Garonne EDS, Matthieu Orphelin, député du Maine-et-Loire EDS, Valérie Petit, députée de la 9e circonscription du Nord Agir ensemble, Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis GDR, Eric Pouillat, député de Gironde LREM, Loïc Prud’homme, député de Gironde LFI, Jean-Hugues Ratenon, député de la Réunion LFI, Raphaëlle Rémy-Leleu, conseillère de Paris EE-LV, Muriel Ressiguier, députée de l’Hérault, Laurence Rossignol, sénatrice de l’Oise PS, Véronique Sehier, membre de la délégation droits des femmes du Cese, Laura Slimani, adjointe au maire de Rouen, Aurélien Taché, député du Val-d’Oise EDS, Frédérique Tuffnell, députée de Charente-Maritime EDS, Laurence Vanceunebrock, députée de l’Allier Lrem, Cédric Villani, député de l’Essonne EDS, Stéphane Viry, député des Vosges LR, Martine Wonner, députée de la 4e circonscription du Bas-Rhin L&T, Gilles Lazimi, médecin généraliste au CMS de Romainville, professeur associé en médecine générale à Médecine Sorbonne Université, Michel Teboul, médecin, ex-chef d’Unité du CIVG de Port-Royal, Anne-Marie Curat, présidente du Conseil national de l’Ordre des sages-femmes, Ghada Hatem, gynécologue, fondatrice de la Maison des femmes de Saint-Denis, Ancic (Association nationale des centres d’IVG et de contraception), Ciane (collectif d’associations concernées par grossesse, naissance et premiers jours de vie), collectif Merci Simone, La Clef (Coordination française pour le lobby européen des femmes), En avant toute(s), FDFA (Femmes pour le dire, femmes pour agir), FNCIDFF (Fédération nationale des centres nationaux d’information sur les droits des femmes et des familles), Osez le féminisme, Le Planning familial, Pour une MEUF, Reivoc (Réseau IVG et contraception Occitanie) et Julie Gayet, comédienne