Entre le combat contre le redoutable virus et le maintien de l'activité économique, il faut parvenir au bon point d'équilibre

Un malade toutes les 2 secondes, une hospitalisation toutes les 30 secondes, un mort toutes les 4 minutes. Avec 40 000 nouvelles personnes atteintes chaque jour, c’est potentiellement plusieurs centaines de décès supplémentaires chaque jour dans les semaines à venir. Telle est la situation aujourd’hui en France, telle est la situation aujourd’hui en Europe. Face à ces chiffres dramatiques, à ce virus touchant sans discernement femmes et hommes de tout âge, il était du devoir du Gouvernement, à l’instar des mesures prises depuis mai, d’agir avec fermeté pour protéger les français. 

Reconfiner n’était plus une option mais bien une nécessité. 

Alors que la France, le monde, vivent des heures troublées, qu’à la situation sanitaire s’ajoute la menace terroriste, la fraternité comme nous l’enseigne notre devise doit être le maitre mot, protéger les autres, c’est se protéger.

D’aucuns diront que des erreurs ont été commises, accuseront de tous les maux le Gouvernement. Ce sont souvent les mêmes qui proposent tout et son contraire au gré du vent et de l’émotion, au fil des plateaux de télévision et des opportunismes : le gouvernement met en place le couvre-feu, ce n’est pas suffisant, il faut reconfiner ; le gouvernement confine, c’est trop dur, il faut y renoncer sur le champ. Dans une période aussi tourmentée, chaque responsable politique devrait faire preuve d’humilité. Car le temps n’est pas aux vociférations stériles, le temps est à l’action pour rompre la propagation du virus et sauver des vies sans compromettre l’avenir. Et encore parle-t-ton trop peu des séquelles de cette maladie telle la fibrose pulmonaire ou les handicaps sensoriels.

A cet égard, la priorité a été donnée à notre jeunesse. Les enseignants le disaient : un nouveau confinement analogue à celui du printemps était difficilement envisageable pour nos enfants. Gardons en tête que cette orientation est susceptible de changer en fonction de l’évolution de la situation. 

Pour que la Nation vive, il était également nécessaire de maintenir le plus qu’il était possible l’activité économique et le travail, tout en privilégiant le télétravail et en limitant nos déplacements et nos contacts physiques ; d’où la fermeture des commerces, qui a suscité un légitime débat. Fallait-il faire des exceptions ? Si oui lesquelles ? Les librairies, les fleuristes, les coiffeurs ? Les magasins de jouets ? L’habillement ? D’autres encore ? On le voit, il était difficile de déterminer quels sont ceux dont l’ouverture aurait pu être accordée et ceux à qui elle aurait été refusée. Avec le risque d’être en contradiction avec l’objectif poursuivi : limiter au strict nécessaire les flux de circulation pour casser la propagation du virus. Et c’est à l’occasion de ces flux que se multiplient les contacts avant, pendant, après les actes d’achat dans les commerces. Il est assez facile de dénoncer telle ou telle contradiction plus ou moins apparente mais dès lors que l’on décide la reprise des activités scolaires et que nous ajoutons ainsi des possibilités de transmissions, cela nous laisse encore moins de latitude pour d’autres situations potentielles de contamination. 

Nous pouvons tous être solidaires avec nos commerçants et artisans en décalant nos achats dans l’attente de leur réouverture. Ce serait une belle preuve de solidarité avec eux, qui souffrent tout particulièrement de cette situation, même si l’Etat met en œuvre des aides financières exceptionnelles.

Ainsi, outre les mesures de chômage partiel et les prêts garantis, le dispositif est fortifié par des exonérations de charges importantes :

  • Toutes les entreprises de moins de 50 salariés fermées administrativement bénéficieront d’une exonération totale de leurs cotisations sociales,

  • Toutes les PME du tourisme, de l’événementiel, de la culture et du sport qui restent ouvertes mais qui auraient perdu 50 % de leur de chiffre d’affaires auront le droit aux mêmes exonérations de cotisations sociales patronales et salariales,

  • Pour tous les travailleurs indépendants, les prélèvements seront automatiquement suspendus. Ils n’auront aucune démarche à faire.


La France est sans doute en Europe le pays qui soutien le plus son économie, et tout particulièrement le commerce dit « non-essentiel », alors qu’on a tous pris conscience de son importance dans nos vies.

Les organisations ont été reçues et entendues par le Gouvernement. Ainsi, par mesures d’équité, les établissements de vente généraliste, telles que les grandes surfaces, ont dû dès ce mercredi 4 novembre 2020 fermer leurs rayons de produits « non essentiels ».

D’autres mesures ont été décidées : 

  • Dispositif Click and Collect, permettant aux clients de commander en ligne et de récupérer le produit en magasin.

  • Réductions et exonérations de charges sociales représentant 400 millions d’euros.

  • Fonds de 200 millions d’euros pour accompagner la numérisation des petits commerces.

  • Fonds de soutien de 25 millions à destination des libraires indépendants.

  • Crédit d’impôt pour inciter les bailleurs à annuler une partie du loyer des entreprises de moins de 250 salariés fermées administrativement ou appartenant au secteur hôtellerie, cafés, restauration (HCR). 


Evidemment, nous partageons tous le même souhait : la réouverture dès que possible de tous les commerces. C’est pourquoi, toutes les deux semaines, une réflexion sur l’évolution de la situation sanitaire et la cohérence des dispositifs sera menée. Rien n’est figé, toutes les propositions seront étudiées. 

Aucun secteur n’est abandonné, l’emploi est une priorité. Telle est l’ambition du Plan de relance de 100 milliards d’euros voté en ce moment même par la représentation nationale.

Gouvernement et collectivités locales se battent chaque jour pour soutenir l’économie. 

Mais l’enjeu crucial du moment présent est bien de sauver des vies et de répondre à l’appel des médecins et de l’ensemble des soignants : restons le plus possible à notre domicile.  

Oui, la gravité de la situation appelle la responsabilisation de chacun pour réussir ce confinement, seul à même de casser la propagation de l’épidémie si nous voulons retrouver nos activités et notre art de vivre.