Antisémitisme, antisionisme et résolution Maillard

Antisémitisme, antisionisme et résolution Maillard

Je fais clairement la différence entre l’antisémitisme et l’antisionisme. 

Pour autant, force est de constater que l’antisionisme peut dissimuler désormais un réel antisémitisme. Le journal Le Monde montre « comment le mot sioniste a remplacé juif dans un certain discours antisémite (…). Les 2 termes tendent de plus en plus à se lier ».

La réalité s’impose, et nous ne pouvons pas faire comme si elle n’existait pas. Oui, l’antisionisme peut dissimuler désormais un réel antisémitisme. Le Président de la République a tracé le 20 février 2019 les mesures qui devront être engagées, et tout particulièrement contre les torrents de haine qui se répandent sur le net. Il a aussi évoqué la nécessité de redéfinir la notion de l’antisionisme, sans modifier néanmoins le code pénal. 

Ainsi, la résolution proposée par Sylvain Maillard intègre la définition établie par l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocauste (IHRA). Rappelons que l’IHRA est une organisation intergouvernementale fondée en 1998 réunissant 31 membres, essentiellement pays de l’UE, mais aussi les Etats-Unis, Israël et le Canada. Sa définition de l’antisémitisme, adoptée le 26 mai 2016, est la suivante : « L’antisémitisme est une certaine perception des juifs, pouvant s’exprimer par de la haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme sont dirigées contre des individus juifs ou non-juifs et/ou leurs biens, contre les institutions de la communauté juive et contre les institutions religieuses juives. »

Le Parlement européen a voté une résolution le 1er juin 2017 appelant les Etats membres de l’UE à adopter cette définition de l’antisémitisme de l’IHRA. Huit Etats l’ont fait : Allemagne, Autriche, Bulgarie, Israël, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni; et la France depuis le 3 décembre dernier.

On peut aussi considérer que cette résolution avait déjà été doublement endossée par la France :

- D’abord par l’avis favorable donné le 26 mai 2016 comme Etat-membre de l’IHRA ;

- Ensuite par le discours du Président de la République le 20 février 2019.

Cela ne remet évidemment pas en cause la liberté de critiquer la politique israélienne. Ce que précise bien Sylvain Maillard au journal La Croix du 15 novembre 2019 : « Il ne s’agit pas d’empêcher les critiques de la politique de l’Etat d’Israël mais de dire que l’antisionisme, quand il est mû par la haine, relève de l’antisémitisme ». A cet égard, il appartient bien au juge -et à lui seul- d’apprécier le caractère antisémite ou pas d’une position antisioniste.

Je soutenais cette résolution parce que dans notre France, dans notre République, l’antisémitisme doit être combattu avec la plus grande vigueur, y compris lorsqu’il avance masqué derrière l’antisionisme.

L'objectivité est nécessaire pour ne pas rester enfermé dans un clivage binaire et stérile qui voudrait qu’on soit, ou pro-palestinien, ou pro-israélien. Pour ma part, je défends le droit pour ces deux peuples de vivre en Paix, côte à côte, avec un Etat Israélien et un Etat Palestinien souverain. C’est cette voie que je défendrai inlassablement, rejetant les extrémismes des 2 bords.

Éric Alauzet