Rassemblement national : danse avec les Tsars !

Les proximités et les liens entre le Rassemblement national (RN) et la Russie, entre Marine Le Pen et Vladimir Poutine, sont connus, anciens et documentés. Au point qu’au cœur de la campagne présidentielle française de 2017, un mois avant le premier tour, Vladimir Poutine avait reçu, au Kremlin, à Moscou, la candidate Marine Le Pen.

D’ailleurs, l’été dernier, le rapport parlementaire de la Commission d’enquête relative aux ingérences politiques, économiques et financières de puissances étrangères a démontré que le RN constituait une « courroie de transmission » (dixit la Commission) du pouvoir russe. Ces proximités et ces liens – connus, anciens et documentés – entre un parti politique français et une puissance étrangère doivent nous interroger et nous inquiéter ; et ce, d’autant plus qu’ils influencent directement les positions et les votes des élus du Rassemblement national, tant en France qu’au Parlement européen.

Les illustrations ne manquent pas – au point qu’il est illusoire de vouloir être exhaustif – et démontrent les soumissions de l’extrême droite française à la Russie. Au sujet d’Alexeï Navalny, d’abord, quand, au Parlement européen, en avril 2021, le RN vote contre la résolution demandant sa libération, avant de s’abstenir sur la résolution dénonçant les conditions de sa détention en février 2023, puis, en avril de la même année, en s’abstenant encore sur la résolution dénonçant sa répression. Récemment interrogé sur ces votes, Jordan Bardella peine à se justifier et tente de s’en sortir en expliquant qu’il a « toujours contesté la prérogative de l’Union européenne de s’arroger les pouvoirs diplomatiques des États », oubliant néanmoins qu’il avait lui-même voté, en septembre 2021, pour une résolution qui condamnait la répression politique exercée par le gouvernement cubain.

Autre illustration quand, en 2014, la Russie de Vladimir Poutine annexe la Crimée, violant ainsi l’intégrité territoriale de l’Ukraine au mépris des règles internationales. Quelle fut l’analyse livrée, trois ans plus tard, par Marine Le Pen ? Interrogée par le média américain CNN, elle affirme sans ciller « qu’il n’y a pas eu d’invasion de la Crimée » et qu’il faut « arrêter de raconter n’importe quoi ». Une position qu’elle confirmera d’ailleurs, en mai 2023, lors de la Commission d’enquête susmentionnée.

La soumission du RN au pouvoir russe est politique mais aussi financière. Lors du débat de l’entre-deux tours de la présidentielle de 2022 et faisant référence au prêt russe de 6 millions d’euros contracté par le Rassemblée national en 2014, Emmanuel Macron avait rappelé que Marine Le Pen dépend du pouvoir russe et d’ajouter, ironiquement, que lorsque la triple candidate à la présidentielle parle à la Russie, elle parle en réalité à son banquier.

Bien sûr, dans sa tentative de déstabiliser les démocraties occidentales – notamment avec la guerre en Ukraine – Vladimir Poutine a su préparer le terrain pour s’assurer du silence, voire de la complaisance, du RN et de ses alliés européens. Il sait que le talon d’Achille des démocraties, c’est le poison de la division qui résulte du débat démocratique. Aussi, a-t-il patiemment noué des relations privilégiées avec certains pays de l’Union européenne, comme la Hongrie de Viktor Orbán, mais aussi avec des mouvements politiques d’extrême droite dont il connait le tropisme pour le populisme. Si l’Union européenne et les Européens avaient fait bloc durant la dernière décennie, alors Vladimir Poutine y aurait peut-être réfléchit à deux fois avant de se lancer dans sa folie meurtrière et destructrice.

Et quand le Président de la République, Emmanuel Macron, indique que si la question de l’envoi de troupes françaises en Ukraine ne se pose pas aujourd’hui, cela ne peut pas, pour l’heure, être exclu (cf. l’article intitulé « Conférence de presse du président de la République à l’issue de la Conférence de soutien à l’Ukraine »), Marine Le Pen s’indigne comme à chaque fois que la France ou l’Union européenne se dressent fasse au dictateur russe. Aussi, Gabriel Attal a-t-il eu raison, au moment de répondre à Marine Le Pen dans l’hémicycle, de se demander « si les troupes de Vladimir Poutine ne sont pas déjà dans notre pays » avec Marine Le Pen et ses proches.

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