École publique, école privée : la liberté de choisir

2024 ne pouvait pas débuter sans sa « polémique de rentrée », lancée par des oppositions à l’affût de la moindre faiblesse du Gouvernement pour tenter d’exister et de retrouver de l’énergie.

Cette fois, c’est au tour de la ministre de l’Éducation nationale, Amélie Oudéa-Castera, de subir les railleries et commentaires outrés des oppositions. Le motif ? La Ministre a choisi de scolariser ses enfants dans une école privée sous contrat. Un crime également commis par des milliers de parents, puisqu’à la rentrée 2022, deux millions d’élèves (17% des enfants de France) étaient scolarisés dans des établissements privés du premier et second degrés.

Une aubaine pour les oppositions qui s’en délectent avec gourmandise.

Bien sûr, il y a une déclaration malheureuse et maladroite de la Ministre, qui, depuis, s’est excusée à plusieurs reprises et est allée à la rencontre de l’équipe pédagogique de l’école Littré qu’elle avait nommément désignée. Elle a expliqué regretter ses propos et s’être exprimée sur la base de ses souvenirs et de son ressenti de maman sur un événement qui s’est déroulé il y a 15 ans. Elle a, par ailleurs, ajouté que les données du rectorat et que les déclarations de l’enseignante concernée lui donnaient tort.

Cette contrition aurait dû clore cet épisode.

Mais les oppositions ne pouvaient pas laisser échapper une telle occasion. Comme dans toutes les polémiques, les uns y sont allés de leur mauvaise foi et les autres de leurs mensonges. À commencer par Jérôme Guedj – figure éminente du Parti socialiste et parmi les plus appliqués à adresser des leçons de morale à la terre entière – qui, sur le plateau de France info, n’a pas tremblé en dénonçant « une forme de séparatisme social » avant d’être contraint de reconnaître qu’il avait lui-même, par le passé, scolarisé son fils dans un établissement privé, tel l’arroseur arrosé. De son côté, la Secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a démontré sa totale méconnaissance du sujet en assénant : « le problème de l’enseignement privé, c’est deux choses : d’abord, ça n’est pas laïc, c’est un enseignement religieux ; ensuite, ce sont des écoles dans lesquelles on ne se mélange pas, où il faut payer et être sélectionné pour y accéder. Donc ce ne sont pas des écoles de la République ». Pathétique !

Au-delà de ses propos maladroits, Amélie Oudéa-Castera pointe du doigt un réel motif d’exaspération, voire de « frustration » pour reprendre ses mots, pour de nombreux parents : les heures de cours non-remplacées. Un sujet qu’elle saura, de par son expérience, et sans doute plus que d’autres, appréhender de manière éclairée et qui n’est pas resté sans réponse ces dernières années* (voir ci-dessous).

Cette polémique stérile aura au moins le mérite de rappeler que le choix de scolariser un enfant dans le public ou dans le privé est une décision personnelle. Une décision prise, en conscience, par chaque parent. Ce qui compte avant tout c’est que chaque enfant puisse bénéficier d’un enseignement de qualité qui lui permette de s’émanciper et de prendre le chemin de la vie d’adulte. Les enseignements publics et privés ne se font pas face mais se tiennent la main pour faire vivre l’idéal républicain de l’émancipation par l’instruction publique.

*Le Président de la République l’a rappelé lors de sa conférence de presse : il s’agit d’une obligation légale. Emmanuel Macron a ensuite exposé clairement la situation : « Durant mon premier quinquennat, on s’est attaqué aux remplacements longs. On a plus de 95% des absences qui sont comblées – telles qu’elles étaient mesurées, c’est-à-dire les absences de plus de 15 jours. On est à 95%, je crois, en 2022-2023. On a même atteint certaines années davantage. […] Le ressenti sur le terrain n’était pas le même. Pourquoi ? Parce qu’on ne faisait pas remonter au national les absences de court terme. On ne les mesurait même pas. On s’est aperçu qu’il y avait une dizaine de millions d’heures, chaque année, qui étaient perdues… où vous n’avez pas un professeur devant un élève. Et c’est ça qui est insupportable pour les parents. Là, on est en train de s’attaquer aux absences de courtes durées. […] On est en train de s’organiser – on a commencé – pour que les formations […] ne se fassent pas sur leur temps d’école. […] Deuxième chose, on utilisait – si je puis dire, on gaspillait – du temps de professeur pour surveiller les examens… on réorganise ça. Et puis, troisième chose, on doit mieux organiser, au sein des établissements, le remplacement de courte durée : vous avez un professeur qui est malade tel jour, qui ne peut pas être là… il faut encourager les autres enseignants qui peuvent être disponibles à reprendre cette heure et à la faire. […] Je rentre dans les détails, cela paraît être du bon sens mais ce n’était pas ce qui était fait ! ».



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