Le bilan de la Semaine de l’industrie

Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique et le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargé de l’Industrie, ont présenté une communication sur le bilan de la semaine de l’industrie.

Depuis six ans, il a été mis fin à la désindustrialisation de la France, et le pays est aujourd’hui entré dans l’ère de la réindustrialisation.

Depuis 2017, la France compte plus de 300 créations nettes d’usines, après en avoir perdu plus de 600 entre 2010 et 2016, et 120 000 emplois industriels de plus. Elle est depuis quatre ans le pays le plus attractif d’Europe pour les investissements étrangers. En un an, elle a gagné cinq rangs dans le classement de la numérisation des entreprises au sein de l’Union européenne, et 10 % en termes de robotisation de ses entreprises.

C’est le résultat de réformes économiques structurelles, avec la réforme du droit du travail et la baisse des impôts de production, mais aussi de politiques volontaristes pour traiter les grands enjeux auxquels fait face l’industrie.

1- Le premier enjeu majeur auquel l’industrie fait face est celui du financement des investissements.

Depuis 2017, le pays aura connu un effort d’investissements publics d’avenir sans précédent. Dès 2018, les batteries, la nanoélectronique ou encore la santé ont constitué des domaines d’investissement majeurs. Le plan France Relance, doté de 100 milliards d’euros, et le plan France 2030, doté de 54 milliards d’euros et dont on fêtera bientôt les deux ans, ont ensuite permis d’aller plus vite et plus fort, pour accélérer les relocalisations et dynamiser l’innovation et le développement des startups, créant un fort effet d’entraînement du secteur privé.

Cet effort d’investissements permet également de passer à l’échelle industrielle sur les nouvelles filières qui constitueront l’industrie de demain. Ce sont celles qui fabriquent les solutions nécessaires à la transition écologique du pays : les batteries électriques, avec les quatre giga-factories dans le Nord, l’hydrogène, avec une dizaine d’usines, ou encore les pompes à chaleur. Ces filières représentent des opportunités structurantes : les projets en cours dans la filière des batteries destinées aux véhicules électriques, des composants amonts à la production en passant par le recyclage, représentent une dizaine de futures très grandes usines, 12 milliards d’euros d’investissements, et 10 000 emplois à terme. Grâce à cette filière, des territoires, autrefois affectés par la désindustrialisation, connaissent aujourd’hui une renaissance économique et une compétition féroce entre industriels pour l’accès au foncier disponible, comme c’est le cas à Dunkerque par exemple.

Cet effort d’investissement doit également permettre de reconstruire une souveraineté industrielle, de relocaliser des filières sur lesquelles les français peuvent compter en toute situation. Le Gouvernement a ainsi mis en oeuvre de nombreux plans sectoriels. C’est par exemple le cas dans l’agro-alimentaire, avec le lancement début 2024 d’un fonds public-privé de 500 millions d’euros destiné à renforcer la compétitivité et à consolider la filière. C’est également vrai dans la chaîne de valeurs des métaux critiques, avec là aussi, la création d’un fonds public – privé dont l’objectif est d’atteindre deux milliards d’euros dès 2024 pour sécuriser nos approvisionnements, mais aussi la renaissance de la mine française tout particulièrement pour l’extraction du lithium. Dans l’industrie pharmaceutique, avec la relocalisation en cours de plus de 25 médicaments ou principes actifs, et plusieurs investissements majeurs ces dernières semaines, dont un de plus de 2 milliards d’euros à Chartres. Dans les semi-conducteurs, avec le développement en cours, en Isère, du plus grand investissement de cette industrie qu’ait connu notre pays et, à l’horizon 2030, un doublement de la production de puces électroniques en France. Mais aussi dans des produits du quotidien, tels que le textile ou le vélo.

2- Le deuxième enjeu est celui de la contribution de l’industrie à la transition écologique.

Dans l’imaginaire collectif, l’industrie est une des causes de la crise climatique, avec l’image d’Epinal des cheminées d’usines et leurs panaches de fumée. Pourtant, les émissions de l’industrie représentent 20 % des émissions du pays, un niveau inférieur à celui des transports, et du même ordre que celui du bâtiment ou de l’agriculture.

L’industrie est en revanche le secteur le plus avancé dans sa décarbonation. Elle est un véritable démonstrateur de la faisabilité d’une transition écologique compatible avec la croissance et la compétitivité. L’industrie a ainsi diminué ses émissions de gaz à effet de serre de 45 % dans les trente dernières années. Et l’objectif fixé à l’industrie est le plus ambitieux encore : diviser ses émissions par deux en dix ans.

Au sein de la planification écologique, c’est aussi le secteur où la tonne de carbone évitée est la moins coûteuse.

Pour autant, l’objectif de « net zéro » d’ici 2050 restera un défi : il appellera une révolution industrielle, mobilisant nouvelles énergies et nouvelles technologies (électrification, capture de carbone, hydrogène, biomasse, qui remplaceront le charbon et le gaz des siècles précédents). Il faudra déployer d’ici là de nouvelles infrastructures : carboducs et hydrogénoducs, stockages géologiques de CO2 qui seront à l’industrie du XXIème siècle ce que les oléoducs et les canaux ont été à celles des siècles précédents.

Réaliser une telle révolution industrielle en moins de 30 ans est un défi inédit. C’est pourquoi, le président de la République a souhaité que la planification écologique de l’industrie se fasse en partenariat entre l’État et les entreprises. Ainsi, un an après l’annonce du président de la République, chacun des 50 industriels les plus émetteurs du pays a élaboré une stratégie détaillée pour atteindre ses objectifs de décarbonation à horizon 2030 et 2050. Ils ont chacun signé avec l’État, à l’occasion de la venue de la Première ministre au Salon des Maires le 22 novembre dernier, un contrat de transition écologique. Pour les accompagner, l’État publiera dans les toutes prochaines semaines une stratégie nationale relative à la capture, au stockage et à l’utilisation du carbone, ainsi qu’une stratégie nationale hydrogène révisée.

La transition écologique est aussi une opportunité pour les entreprises : la décarbonation rebat toutes les cartes de la compétitivité et de l’attractivité. La France dispose d’atouts majeurs dans ce nouveau monde industriel : outre son mix électrique bas carbone favorable, elle dispose aujourd’hui, notamment grâce aux investissements de France 2030 dans l’hydrogène ou les matériaux durables, d’équipementiers qui maîtrisent l’ensemble des technologies de décarbonation.

Dès lors, une trajectoire ambitieuse de décarbonation peut être aussi un facteur majeur de réindustrialisation.

3- Le troisième enjeu est celui de la réindustrialisation des territoires.

La réindustrialisation ne vaut que si elle profite à tous et partout. Le coeur de l’industrie bat dans les territoires. Les villes petites et moyennes sont plus spécialisées que l’ensemble des villes françaises, du fait de leur taille : elles concentrent proportionnellement davantage d’emplois industriels. Ces villes présentent de nombreux atouts : cadre de vie favorable à l’attraction de la main-d’oeuvre, foncier disponible et abordable, infrastructures de formation, écosystème de recherche et d’innovation en synergie avec les entreprises, pôles de compétitivité. Ainsi, parmi les 1 259 projets d’investissement étranger recensés en 2022, la moitié concerne des zones rurales ou des agglomérations moyennes de moins de 200 000 habitants.

Parallèlement au plan d’investissement France 2030, plutôt axé sur l’innovation de rupture et le soutien aux grands projets, il convient de soutenir le développement des industries plus traditionnelles, qui créent aussi les emplois dans nos territoires.

En 2018 a ainsi été lancé le premier programme « Territoires d’industrie », une stratégie de reconquête industrielle par et pour les territoires en dehors des grandes métropoles.

Annoncée le 11 mai dernier par le président de la République, la seconde phase du programme « Territoires d’industrie » a permis de labeliser, le 9 novembre, 183 territoires d’industrie. Chaque Territoire d’industrie bénéficiera d’un chef de projet, cofinancé par l’Etat, afin d’appuyer la gouvernance locale conduite par le binôme élu-industriel, impliquant également une large gamme d’acteurs : conseils régionaux, intercommunalités, Banque des territoires, Bpifrance, ADEME, Business France, Pôle emploi, Action logement.

Les Territoires d’industrie pourront s’appuyer sur une offre complète d’ingénierie, mise à disposition par l’Agence nationale de la cohésion des territoires, pour les sujets relatifs à l’innovation, à la transition écologique, au foncier et aux compétences.

Enfin, le fonds vert sera mobilisé à hauteur de 100 millions d’euros par an pour soutenir des projets d’investissements industriels structurants et aux impacts positifs sur le territoire, notamment en matière de transition écologique. Des projets contribuant au développement des compétences en lien avec ces mêmes chaînes de valeur pourront également être accompagnés, ainsi que des projets situés dans des territoires confrontés à des mutations industrielles.

4- Cette dynamique doit se poursuivre et être accélérée.

D’abord, par la mise en place des conditions les plus favorables possibles sur le plan administratif, sur le plan foncier et sur le plan financier. C’est tout le sens de la loi du 23 octobre 2023 relative à l’industrie verte.

Grâce à cette loi et aux chantiers qui en découlent, les procédures d’autorisation sont parallélisées et accélérées : le délai typique de délivrance des autorisations environnementales devrait passer de 17 à 9 mois. La réutilisation du foncier industriel est facilitée, et 50 grands sites clés en main France 2030 seront identifiés et préparés dans les prochains mois. L’économie circulaire industrielle est simplifiée, tout particulièrement au sein des grandes plateformes industrielles. Les achats publics tiennent davantage compte des critères environnementaux et de souveraineté. Le financement privé est davantage fléché vers l’industrie verte, notamment par la création d’un plan d’épargne avenir climat destiné aux jeunes, et un crédit d’impôt industrie verte.

Ensuite, il faut attirer vers l’industrie de nouveaux talents.

50 000 emplois industriels sont aujourd’hui à pourvoir, et d’ici 2030, l’industrie devra recruter 1,3 million de personnes. C’est pourquoi il faut redonner à l’industrie la place qui était la sienne dans la société, celle d’un secteur qui fait reculer le chômage, offrant des rémunérations attractives, qui fait vivre les territoires plus que tout autre, qui apporte la fierté de fabriquer les biens dont les français ont besoin.

La révolution industrielle en cours doit mobiliser toutes les énergies du pays. Ce défi commun pourrait être le ciment d’un nouveau pacte social, unissant les français dans une grande aventure commune : celle de la transformation de l’économie, et donc du pays, pour en faire la première nation verte.

À court terme, l’industrie doit aller chercher des talents nouveaux, en diversifiant son recrutement. C’est le sens du plan « mixité dans l’industrie » présenté la semaine dernière à Bercy, à l’occasion du sommet de l’inclusion économique.

À plus long terme, l’industrie doit redevenir un secteur durablement désirable pour les concitoyens. L’industrie se transforme. L’industrie innove pour mieux respecter la planète et améliorer le quotidien. C’est pour cela qu’il faut la montrer aux français, et qu’elle doit avoir toute sa place dans le nouveau dispositif de découverte des métiers au collège et au lycée.

L’édition 2023 de la Semaine de l’industrie 2023 a été l’occasion de montrer à quel point l’industrie a repris des couleurs.

Depuis 2011, la Semaine de l’industrie valorise l’industrie et ses acteurs en proposant des événements pédagogiques et de découverte des métiers : visites d’entreprises, entretiens d’embauche, forums des métiers, conférences en ligne, interventions en classe, expositions… Chaque année, ce grand rendez-vous national contribue à renforcer l’attractivité du secteur auprès des jeunes des primaires aux étudiants, du grand public, des demandeurs d’emploi, et de la communauté éducative.

L’édition 2022, c’était 4 737 évènements labélisés (+30 % par rapport à 2021) et 1,8 million de participants. L’édition 2023 a été un succès encore plus important, avec près de 5 600 événements organisés par 1 550 entreprises, et 2,2 millions de jeunes participants dans toute la France métropolitaine et outre-mer, et 406 retombées médias. La 2ème édition de « Bercy fait son industrie » a notamment permis d’accueillir 37 exposants et 2 000 collégiens et lycéens.

En parallèle de la Semaine de l’industrie, avait lieu une grande campagne de communication nationale intitulée « Avec l’industrie », organisée par l’OPCO 2i avec le soutien de l’État, sur l’ensemble des médias : grandes chaines nationales, cinémas, plateformes de rediffusion et de vidéo à la demande, campagne d’affichage dans 65 villes.

« Avec l’industrie, fabrique ton avenir » : c’était le thème de la Semaine de l’industrie 2023. C’est aujourd’hui la signature de la nouvelle politique industrielle de la France. Le président de la République aura l’occasion de s’exprimer sur le sujet en fin de semaine et le 11 décembre prochain.

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