Éric Alauzet s’adresse aux Maires du Doubs : serrons-nous les coudes !

Discours prononcé à l’occasion de l’Assemblée Générale des Maires du Doubs, ce samedi 1er juin à Pontarlier en présence de David Lisnard, Président national de l’Association des Maires de France :

« Alors que le monde chancelle et se fissure de toutes parts, il est impératif de nous serrer les coudes, de raviver la flamme de la fraternité qui fonde notre nation. Cela suppose de cultiver la nuance, la modération, la compréhension mutuelle et de se garder des excès qui divisent et fracturent la société au point de générer de la colère, voire de la haine, pour finalement désigner des coupables qui doivent mordre la poussière et expier leurs fautes. Le pire étant la quête même de la colère. De Washington à Budapest, en passant par Rome ou Amsterdam, la défiance à l’égard de la classe dirigeante, voire des « élites » au sens large, se traduit par l’émergence des populismes et du repli identitaire au péril de nos valeurs et de nos intérêts économiques.

Pourtant, chacun d’entre nous, là où il est, tente de faire au mieux. À commencer par vous, les maires, qui devez affronter le quotidien de nos concitoyens, leurs impatiences, voire leurs exigences croissantes, dans un contexte toujours plus difficile et qui êtes, vous aussi, de plus en plus souvent, remis en cause. C’est la même chose pour nous, les députés, qui sommes en quelques sorte les médiateurs entre le « bas » et le « haut », et inversement. Comme vous, nous devons gérer les multiples attentes et contradictions de la société.

Nous faisons du mieux que nous pouvons pour vous soutenir, vous donner les moyens d’agir et vous protéger face aux contraintes et insécurités diverses. Tant les exemples sont nombreux, je n’évoquerai que le dernier en date, celui de la nouvelle carte des Zones de Revitalisation Rurale (ZRR) qui a soulevé beaucoup d’incompréhension de la part de certains élus. Les évolutions étaient nécessaires mais il a fallu, dans un second temps, déployer beaucoup d’énergie et une mobilisation importante des députés pour trouver un atterrissage satisfaisant.

Les oppositions récurrentes entre les communes et l’État, entre le « bas » et le « haut », entre le peuple et les élites (ah, les élites !!!), sont mortifères alors que nous sommes liés par une communauté de destin. Attendre toujours plus de moyens de l’État pour nos territoires, c’est faire le lit des impôts et, pire, de la dette.  Et considérons que les gaspillages des uns sont parfois, et même souvent, les nécessités des autres.

Pour conclure un propos trop court qui n’a pour ambition que d’appeler à la réflexion, j’en appelle à plus d’écoute et plus d’échanges entre tous pour plus de compréhension mutuelle et pour aborder ensemble la complexité et se défier du simplisme. ».



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