Projet de loi immigration : l’alliance du refus

Alliant irresponsabilité et cynisme, Les Républicains et la gauche « nupéisée », main dans la main avec l’extrême-droite et l’extrême-gauche, ont fait le choix de refuser de débattre d’un sujet pourtant essentiel aux yeux de nos concitoyens : l’immigration.

Lundi 11 décembre, par 270 voix pour et 265 voix contre, l’Assemblée nationale a adopté la motion de rejet préalable empêchant ainsi l’examen en séance publique du projet de loi pour contrôler l’immigration et améliorer l’intégration.

Habitués à crier au déni de démocratie quand le Gouvernement utilise le 49.3 sur des textes budgétaires, qu’ils comptaient, de toutes les manières, rejeter – fidèles à une tradition d’assemblée qui veut que les oppositions ne votent pas le budget – les députés de l’opposition ont refusé de discuter du projet de loi dit « immigration ». Autrement dit, avant toute discussion en séance, l’opposition a choisi de rejeter le texte et de ne pas en débattre. Un comble, non ? Des députés, représentants de la Nation, pourtant élus pour débattre et voter des lois, ont refusé le débat.

Pourtant opposés en tout point sur l’immigration, les oppositions de droite(-extrême) comme de gauche(-extrême) se sont retrouvées derrière un projet commun : battre le Gouvernement. Qu’importe leurs idées, qu’importe leur vision de la société, qu’importe la volonté des Français, qu’importe l’intérêt général… un seul objectif : faire de la politique spectacle.

Désormais, c’est à une Commission mixte paritaire (CMP) – composée de quatorze parlementaires, dont sept députés et sept sénateurs, représentatifs des courants politiques au Parlement – de prendre le relai et d’aboutir à un texte de compromis qui pourra ensuite être soumis au vote des deux chambres. Et devinez ce qu’ils scanderont : « Déni de démocratie ! ».

Il conviendra d’être vigilant au fait que le texte post-CMP soit équilibré et qu’il permette, tout à la fois, de renforcer les moyens de lutte contre l’immigration irrégulière, d’ouvrir un droit à la régularisation des travailleurs sans-papiers dans les métiers en tension et de garantir une meilleure intégration.

Un équilibre qui ne sera possible qu’avec une opposition constructive… et cela n’est pas gagné d’avance.



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